L’ostéopathe et massothérapeute de Candiac François Delorimier-Vallières devra purger une peine de 6 ans et demi de détention pour avoir agressé 16 femmes dans le cadre de son travail et avoir filmé ses clients à leur insu, a prononcé la juge Lyne Décarie cet après-midi au palais de justice de Longueuil.

L’accusé avait plaidé coupable en juin à 16 chefs d’agression sexuelle et 9 chefs d’accusation de voyeurisme. La poursuite demandait sept ans de détention pour les chefs d’agression sexuelle et deux ans pour ceux de voyeurisme. La défense, quant à elle, proposait deux ans de détention, suivis de trois ans de probation.

Dans sa décision, la juge a souligné que les infractions se sont déroulées sur une longue période soit de janvier 2015 à mars 2020 et qu’elles ont cessé à la suite de son arrestation.

Parmi les facteurs aggravants, Lyne Décarie a souligné le nombre élevé de victimes : 16 d’agressions sexuelles et plus d’une centaine de victimes de voyeurisme.

François Delorimier-Vallières a fait des attouchements près du périnée, de la vulve et du vagin de patientes, prétextant qu’il s’agissait de drainage lymphatique, alors que ce n’est pas le cas. La juge a rappelé qu’au Québec, seuls les médecins, physiothérapeutes, infirmières, techonologues médicaux et technologues en radiologie sont autorisés à faire des soins intravaginaux.

Quant aux accusations de voyeurisme, la juge a indiqué que les infractions ont été commises sur une période d’un peu plus de deux ans. Les enregistrements de session de traitement avec des clients, majoritairement des femmes, mais également des hommes et des enfants, ont été trouvés sur l’ordinateur de l’accusé lors d’une perquisition. 

Cas grave d’abus de confiance

La magistrate a aussi qualifié ce dossier de «cas très grave d’abus de confiance» et que les conséquences sur les victimes sont très sérieuses. «L’accusé a profité du contexte de ses services professionnels pour imposer aux victimes les attouchements sexuels non consentis à diverses parties intimes de leur corps. Il a outrepassé les limites de ses services professionnels pour profiter de la vulnérabilité des victimes», a-t-elle lu au palais de justice.

Dans son jugement, elle fait référence à des témoignages de victimes qui mentionnent ne plus se sentir en sécurité à recevoir des soins de santé, surtout qu’il s’agit de professionnels masculins. Certaines évitent carrément de consulter alors qu’elles en auraient besoin.

La juge Décarie souligne qu’aucun rapport ou évaluation n’a été fourni au tribunal lors des observations sur la peine qui auraient pu permettre d’en savoir plus sur l’accusé au sujet d’un désordre ou diagnostic en lien au/avec le passage à l’acte «de si nombreuses agressions sexuelles». Il n’y a pas eu de preuve de prise en charge par l’accusé. Le tribunal a seulement été informé que le Candiacois a consulté en psychothérapie à 23 reprises réparties en deux périodes, sans cependant avoir de détails sur la nature du traitement.

Parmi les facteurs atténuants, la juge a pris en considération le fait qu’il a enregistré un plaidoyer de culpabilité, évitant ainsi à des victimes à devoir témoigner et reconnaissant une forme de responsabilisation dans cette affaire.

Il lui est interdit d’entrer en communication avec les victimes et les membres de leur famille. Le Candiacois devrait s’inscrire au registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans.