Le Conseil mohawk de Kahnawake déplore ne pas être invité à la rencontre d’urgence réclamée par la Ville de Sainte-Catherine en lien avec le dossier de la compagnie Terrapure. Le maire de Sainte-Catherine Sylvain Bouchard a réagi en mentionnant qu’une rencontre est prévue prochainement avec le Grand chef de Kahnawake.

«C’est épouvantable et inacceptable qu’une réunion d’urgence de cette ampleur soit conviée sans en informer ou en inclure Kahnawake», a réagi le Grand chef Cody Diabo par voie de communiqué le 21 janvier.

La veille, la Ville de Sainte-Catherine avait publié un communiqué dans la foulée de la diffusion d’un reportage de Radio-Canada sur des employés de Terrapure qui auraient été exposés à des seuils élevés de plomb.

Elle annonçait qu’elle convoquait une réunion d’urgence dans laquelle elle souhaitait rassembler les autorités compétentes soit Environnement et Changements climatiques Canada, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec, la Direction de la santé publique de la Montérégie, la Sécurité civile du Québec, la Communauté métropolitaine de Montréal et la MRC de Roussillon. Il n’était alors pas question de Kahnawake.

Le soir même, lors de la séance du conseil municipal de Sainte-Catherine, Le Reflet a questionné le maire pour savoir si le conseil avait pensé à inviter des représentants de Kahnawake à cette rencontre, étant donné que le conseil de bande avait aussi exprimé des inquiétudes au sujet des récents reportages. «Éventuellement, on va rencontrer la communauté, c’est dans nos plans d’avoir une rencontre», a répondu le maire de Sainte-Catherine Sylvain Bouchard. Mais la rencontre en question ne serait pas nécessairement celle où les différents intervenants seraient présents, a-t-il précisé.

Kahnawake veut être consultée

Dans son communiqué, le Grand Chef souligne que « ça envoie un message troublant que Kahnawake n’est pas considérée comme pertinente dans des décisions qui ont un impact direct sur notre communauté».

En réaction à la sortie de Kahnawake, le maire Sylvain Bouchard a affirmé par voie de communiqué qu’il y avait eu de mauvaises interprétations que la rencontre d’urgence avait déjà eu lieu alors que ce n’est pas le cas. La date n’est pas encore déterminée.

«La Ville de Sainte‑Catherine comprend les préoccupations du Conseil Mohawk et réitère que les autorités gouvernementales ont la responsabilité de fournir toute l’information disponible de manière ouverte et immédiate à toutes les populations touchées, incluant celle de Kahnawà:ke», indique la Municipalité.

À la suite de la diffusion du reportage du Journal de Montréal le 9 janvier, le conseil Mohawk réclame d’être informé par les différents paliers de gouvernement. «Le conseil mohawk n’a pas été consulté ni informé de quelconque déversement dans la Voie maritime, ni par le fédéral, le provincial, les villes avoisinantes ou l’entreprise Terrapure. Historiquement, l’activité industrielle dans cette région a eu un impact écologique et agricole important nous menant à reloger des installations plus loin de la limite est de notre territoire»,

En 2024, des résidents de Kahnawake avaient soulevé des inquiétudes à la suite de mauvaises odeurs provenant du parc industriel de Sainte-Catherine. Le conseil mohawk avait pris contact avec la compagnie Terrapure à ce sujet.

Terrapure affirme avoir discuté avec le Grand chef des récents reportages et entend «poursuivre le partage d’information».