L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a dévoilé une nouvelle étude sur la sous-traitance dans le transport en commun, dans laquelle elle note qu’on retrouve davantage de bris de service et de plaintes chez exo, seule société de transport qui sous-traite l’ensemble de ses services de transport, qu’ailleurs dans le Grand Montréal. Chez exo, on croit que les comparaisons avec les autres sociétés sont «difficiles».
Dans son étude intitulée «La sous-traitance dans le transport en commun : voie d’avenir ou cul-de-sac ?», l’IRIS revient sur l’audit de Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) sur les sociétés de transport en commun, qui recommande entre autres le recours à la sous-traitance pour réduire les coûts des sociétés.
L’IRIS craint que cette orientation «aurait pour effet d’abaisser la qualité et la fiabilité du service».
Elle note qu’entre 2022 et 2024, le réseau d’exo a affiché un taux de bris de service moyen deux fois plus grand que celui des autres sociétés de transport en commun du grand Montréal.
Elle souligne également que le taux moyen de plaintes par 100 000 déplacements d’exo a été plus de quatre fois supérieur à celui des sociétés de transport du Grand Montréal dans la dernière année.
«Les indicateurs de qualité du service produits dans le cadre de cette étude montrent que le bilan d’exo est le pire de toutes les sociétés de transport étudiées», est-il écrit.
L’étude tend à faire une corrélation entre la sous-traitance et le nombre de bris et de plaintes.
«En ne prenant en compte aucune donnée sur la qualité des services des sociétés de transport, la recommandation de RCGT pourrait très bien troquer une crise financière pour une crise de la fiabilité du service», peut-on lire.
« Comparaison difficile »
En réaction à l’étude, exo dit prendre connaissance du rapport et souhaite procéder à une analyse «rigoureuse» avant de formuler une réaction détaillée.
Néanmoins, dans une déclaration, la société de transport émet certaines réserves sur l’étude. Elle indique entre autres évoluer dans un contexte qui rend toute comparaison directe avec les autres sociétés de transport du Grand Montréal «difficile».
«Le réseau d’exo se déploie sur un territoire unique, trois fois plus vaste que ceux de Laval, de Longueuil et de Montréal réunis, et couvrant 84 municipalités. Cette réalité territoriale se traduit par des défis opérationnels distincts en matière de planification, de coordination et de livraison des services», écrit-elle.
Exo défend de plus son modèle d’affaires, cité favorablement dans l’audit de RCGT, dont les mesures se traduisent «par des coûts par heure de service 15 à 20% inférieurs à ceux des autres sociétés de transport de la région».
Elle soutient en outre que son modèle d’affaires a permis de nombreuses améliorations depuis 2022 sur le plan du taux de livraison de services, des annulations et du manque d’effectif.
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