La Fabrique de la paroisse de la Nativité de la Sainte-Vierge aimerait bien régler le dossier de l’église de Saint-Philippe une fois pour toutes.
«On veut juste fermer ce dossier-là, a confirmé Nicole Lachapelle, présidente de la Fabrique. On est toujours en attente. Il y a une volonté, mais pas à n’importe quel prix.»
Les discussions avec la Ville de Saint-Philippe, pilotées par le directeur général Martin Lelièvre, se poursuivent hors cours. Le tout afin de dénouer l’impasse de la possession du lieu de culte sans la présence des avocats.
«Parmi les propositions, soit elle [la Ville] nous remet l’église ou bien elle la garde, a résumé Mme Lachapelle. Dans un cas comme dans l’autre, on va regarder les propositions en assemblée de fabrique. On cherche une solution gagnant-gagnant.»
Promesse non tenue
André Robitaille, président de la Fabrique au moment de la transaction avec la Ville en 2014, est revenu sur la cascade d’événements qui font en sorte que le dossier est toujours d’actualité 12 ans plus tard.
«La démarche de vente du terrain et de l’église était à la demande de la Ville après la fermeture de leur centre communautaire, a-t-il rappelé. L’intention était d’y laisser l’église et d’en faire une salle communautaire également. Un rideau métallique qu’on avait demandé a été installé et est toujours là.» Un bail de 99 ans avait été négocié à l’époque.
La mairesse de l’époque a ensuite eu la volonté de déplacer les célébrations religieuses au complexe Élodie-P.-Babin. La Fabrique y consentait pour une relocalisation temporaire, mais Saint-Philippe avait une autre vision. Des condos étaient projetés sur le site de l’église.
«Pourtant, deux ans avant [2012], on leur avait proposé l’église et Saint-Philippe avait presque ri de nous. On s’est alors manifesté pour empêcher la démolition, a raconté l’ancien président de la Fabrique. On nous offrait une garde-robe ou à peu près au complexe Élodie-P.-Babin.»
Pour André Robitaille, si la Ville avait tenu sa promesse en 2014, le dossier aurait été réglé pour 99 ans.
Un carnet de santé
Saint-Philippe a récemment injecté 35 000$ pour refaire la toiture de l’église. À écouter Nicole Lachapelle, celle-ci a dû insister pour rappeler à l’administration municipale son devoir d’entretien du bâtiment.
«L’ancien toit était pitoyable; on recevait des plaintes depuis au moins quatre ans, a signifié la présidente de la Fabrique. On en avait souvent parlé avec la Ville. Saint-Philippe avait un devoir d’entretien et je leur ai récemment rappelé.»
Lors du conseil de Ville, il a été rappelé qu’un investissement de 500 000$ était nécessaire pour remettre l’édifice aux normes.
Un montant qui vient d’un «carnet de santé» demandé à Nadeau, Blondin, Lortie architectes en 2023. Mais comme le précise Mme Lachappelle, les travaux évoqués étaient insérés sur un échéancier de plusieurs années et rien de majeur empêche la tenue de rassemblement religieux.
Au-delà du bâtiment, Mme Lachappelle a aussi indiqué que si la Fabrique reprenait l’église, Saint-Philippe conserverait tout de même une très grande partie du terrain.
Intérêt religieux
Une messe a lieu chaque dimanche à Saint-Philippe. Elle réunit plusieurs fidèles, notamment issus de l’immigration. «La fréquentation a augmenté, confirme Nicole Lachapelle. On observe aussi le phénomène de la hausse de fréquentation chez les jeunes. On répond à un besoin.»
Outre le rendez-vous dominical, le lieu de culte accueille à l’occasion la célébration de différents sacrements et parfois même d’un groupe de catéchèse.

