La propriété de l’église de Saint-Philippe par la Ville continue de déranger, 12 ans après son acquisition. La Ville n’a toujours pas signé l’annulation de l’acte de vente qu’elle a autorisé avec la Fabrique de la Paroisse de la Nativité de la Sainte-Vierge en avril 2024. Si bien qu’elle entretient un bâtiment qui sert à tenir une seule messe dominicale par semaine. Le maire Christian Marin défend son choix, lui qui discute d’une solution pour rectifier une décision du passé.  

«J’essaie de faire du bien pour la Ville, s’est défendu le maire Marin. Pas de lui faire dépenser des sous pour rien.»

Le 13 octobre en assemblée publique, il a été pressé de questions par le conseiller du district 6, Pierre-Adrien Gauthier-Marcil. Plus tôt dans la semaine, des travaux, d’un montant avancé de 35 000$, ont été entrepris pour réparer le toit.

Une somme qui fait partie des dépenses municipales pour l’entretien et l’assurance de la propriété de Saint-Philippe.

Une étude réalisée en 2023 par la Fabrique évoquait un montant de 500 000$ pour remettre le bâtiment aux normes. Le maire et le conseiller ont eu un échange sur la pertinence de la Ville de payer pour le lieu de culte.

«Je suis la personne qui fréquente le plus l’église, a dit M. Gauthier-Marcil lors d’un échange avec le maire à l’assemblée publique. Je la trouve importante. C’est le cœur de notre communauté; c’est là où on se rassemble, où on se voit et où on se rencontre. Par contre, la question qu’on devrait se poser, c’est est-ce que c’est aux citoyens de Saint-Philippe, dans un état laïc qu’est le Québec, de continuer à dépenser de l’argent pour la Fabrique ?»

Service d’entraide

En avril 2024, Christian Marin avait fait partie des deux élus à la table du conseil à s’opposer à l’annulation de l’acte de vente. La majorité, avec cinq conseillers, avait toutefois été acquise en faveur de procéder à la rétribution de l’église à la Fabrique.

«La Ville était obligée de faire l’entrée pour accéder à l’église si le presbytère se vendait ou si la servitude de passage devenait caduque, a expliqué le maire au Reflet. Présentement, le Service d’entraide loue dans un endroit qui n’est pas conforme dans une maison unifamiliale. Ça fait des années que je parle de le mettre dans une partie de l’église. La Ville doit montrer le bon exemple.»

À cet effet, il a entamé des discussions avec Nicole Lachapelle, la présidente de la Fabrique. Sans la présence d’avocats afin de réduire les coûts aux deux parties, dit-il.

À l’image de ce qui est fait à Dunham, la Ville pourrait demeurer propriétaire du site, bâtiment et terrain, et signer un bail avec la Fabrique. «Mme Lachappelle m’a dit que ça pourrait l’intéresser, a laissé savoir Christian Marin. Elle attend une proposition.»

Avant d’arriver à une entente, des vérifications demeurent avec les assurances, a prévenu le maire.

Quant au terrain, il détient une valeur pour la Ville. Celle-ci pourrait l’utiliser comme stationnement ou pour, éventuellement, y ériger un centre communautaire, a avancé le maire.

Rectifier le passé

«Il ne faut pas oublier que le dossier de l’église émane d’un ancien conseil de Saint-Philippe sur lequel je ne siégeais pas», s’est défendu Christian Marin.

En 2014, Saint-Philippe avait acheté l’église pour la somme de 147 500$. La Ville, qui avait alors Lise Martin comme mairesse, avait besoin de locaux pour ses organismes. Elle avait aussi annoncé que les messes pourraient être célébrées au complexe Élodie-P.-Babin, alors en construction et inauguré en 2017. Aucune entente n’est toutefois survenue sur le sujet entre Saint-Philippe et la Fabrique.

En 2019, sa successeure, Johanne Beaulac, a parlé d’établir des condos sur le site de l’église.

Ce qui avait été dénoncé par la Fabrique. Des procédures judiciaires ont été entreprises jusqu’à ce que l’annulation de l’acte de vente soit prononcée.

«J’essaie de résoudre un litige à l’amiable avec la Fabrique, a soutenu M. Marin. Pour le mieux pour les deux parties. Quand on aura toutes les informations, les bonnes informations, ce point va être amené au caucus et à la séance du conseil.»

Le Reflet attend un retour de la Fabrique.