Instauré un peu partout au Québec depuis 2012, le programme Initiatives de travail de milieu auprès des aînés en situation de vulnérabilité (ITMAV) œuvre à briser l’isolement chez les aînés; une mission malheureusement encore plus d’actualité ces dernières années.

Les services du ITMAV sont toujours liés à un centre communautaire. À Longueuil, deux intervenantes sont affiliées au Centre communautaire des aînés et aînées de Longueuil. Dans le Roussillon, ces intervenants travaillent de pair avec le Centre bénévole de la Rive-Sud, et des services similaires sont déployés à Boucherville, Châteauguay ou encore Salaberry-de-Valleyfield.

Intervenante de milieu à Longueuil, Véronique Brisson préfère utiliser les termes «aînés vivant en situation de vulnérabilité», plutôt qu’aînés vulnérables, car cette vulnérabilité s’exprime parfois seulement durant un moment de vie. Et ITMAV est là pour les soutenir durant ces périodes. Ce peut être tant un problème de maltraitance, d’insécurité alimentaire, de difficulté financière; les situations où elles sont appelées à intervenir sont vastes.

Leur rôle en est un d’accompagnement et de référencement. Les intervenantes identifient les besoins des aînés rencontrés, et les réfèrent aux ressources appropriées.

Les aînés qui se sentent seuls peuvent par exemple être dirigés vers Écoute Montérégie. Un suivi est ensuite effectué entre les partenaires, afin de s’assurer d’une bonne prise en charge.

«On peut aussi suggérer les dîners amicaux, ici au centre communautaire. Cette activité a été mise sur pied exprès pour ça. Ils créent des liens. C’est souvent le déclic pour eux, ils deviennent ensuite de plus en plus actifs, se font des amis», illustre Véronique Brisson.

Parmi les enjeux les plus fréquemment observés, Mme Brisson nomme les répercussions de la crise du logement. Le programme peut accompagner les aînés dans leurs démarches pour se reloger ou lors de problèmes vécus avec un propriétaire.

«Mais surtout, on veut favoriser l’autonomie. Si une personne éprouve des difficultés avec des papiers du gouvernement, par exemple, on va lui montrer comment le faire, sans le faire à sa place», donne en exemple Mme Brisson.

Repérage

Malgré ses quelque 14 ans d’existence, le programme ITMAV demeure peu connu.

«Même les travailleurs sociaux, ils ne connaissaient pas tous ce que l’on fait. Pourtant, notre travail ressemble au leur, compare-t-elle. La différence, c’est qu’on n’a pas de limite de temps. On peut demeurer auprès de la personne tant que le besoin n’est pas répondu.»

Pour faire connaître les services aux aînés, les intervenantes d’ITMAV effectuent du repérage sur le terrain.

«On va au Tim Hortons, à Place Longueuil. Nous avons un sac en bandoulière, sur lequel il est écrit «Aide aux aînés». On revoit les mêmes visages, les gens nous reconnaissent, viennent nous poser des questions.«

Mme Brisson constate que les divers services d’accompagnement et de référencement permettent d’améliorer la qualité de vie des aînés qui en bénéficient, tout en élargissant leur filet social.

«C’est gros, mais certains nous disent : «Vous m’avez sauvé!» Un autre m’a dit que «jamais personne n’avait fait ça pour lui». Ils savent qu’on est là en cas de besoin», témoigne-t-elle.

Elle en profite toutefois pour exposer aussi les limites du rôle des intervenantes d’ITMAV. Effectuer des transports, ou encore de menus travaux – des demandes qui reviennent à l’occasion – ne fait pas partie de leur tâche. «En santé mentale, on ne peut pas agir directement, mais on peut les accompagner, les inciter à voir un médecin. Et s’ils ont besoin de parler, on peut les écouter.»