Environnement Canada a déposé des accusations contre l’entreprise Terrapure et la Ville de Sainte-Catherine en lien avec des rejets de substances nocives pour les poissons dans les eaux de la Voie maritime, a dévoilé le Journal de Montréal dans une enquête publiée le 8 janvier.

Le Journal révèle que la Ville de Sainte-Catherine et Terrapure s’exposent à des amendes minimales de 5 M$.  L’organisme fédéral accuse l’entreprise spécialisée dans le recyclage de batterie au plomb d’avoir créé des rejets de matière nocive pour les poissons entre 2020 et 2023. Ces rejets étaient déversés dans l’égout pluvial de la municipalité et cette dernière le tolérait.

Une inspectrice du Ministère affirme dans un rapport avoir noté qu’environ 700 tonnes de sulfate ont été déversées dans les égouts au cours des mois d’avril, mai, juin et août 2022, apprend-on dans une décision rendue en octobre 2025 de la Cour fédérale annulant une directive d’Environnement Canada de 2022.

Ce document précise qu’une entente a été conclue en 2020 entre la Ville et l’entreprise qui autorisait Terrapure «à déverser son effluent dans l’égout pluvial municipal même s’il dépassait les seuils de concentration en sulfate prévus par le règlement».

Dans cette entente, Terrapure s’était engagée à trouver une solution permanente au problème et à se conformer au seuil de concentration de sulfate de 1 500 mg/L au plus tard le 14 novembre 2023. Le Procureur général du Canada indique dans son jugement que Terrapure n’a jamais rempli «aucun de ces engagements».

Le Journal de Montréal précise dans son article que la Ville de Sainte-Catherine a fait une demande officielle en 2024 à Terrapure de cesser ses rejets non réglementaires.

Invitée à commenter, la Ville de Sainte-Catherine a confirmé au Reflet qu’une poursuite a bel et bien été intentée par Environnement Canada concernant un litige avec Terrapure.

«Conformément aux règles qui encadrent le processus judiciaire, la Ville ne peut commenter le fond du dossier afin de ne pas nuire à la procédure en cours», indique-t-on par courriel.

En mai dernier, le Reflet rapportait qu’Environnement Canada s’est déplacé à l’hôtel de ville de Sainte-Catherine dans le cadre d’une enquête entourant un litige avec Terrapure.

Environnement Canada a enquêté à Sainte-Catherine le 30 avril 2025. (Photo : Erick Rivest)