La Ville de Sainte-Catherine a annoncé qu’un déversement «accidentel» a eu lieu sur le terrain de l’usine Terrapure le 29 janvier.

La Municipalité avait été informée de cet incident par le service Urgence-Environnement du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP).

Terrapure a indiqué au journal que le déversement accidentel a eu lieu «lorsqu’un réservoir à l’intérieur de notre bâtiment de traitement a débordé». L’entreprise mentionne que les procédures internes ont été activées à la suite de l’incident, soit la récupération des matières déversées et la notification aux différents organismes de réglementation, incluant la Municipalité.

Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs précise que 65 mètres cubes (l’équivalent de 65 000 litres) d’eaux de procédé acides ont été déversées et principalement contenues à l’intérieur du bâtiment. «Du total, environ 10 mètres cubes des eaux de procédé se sont écoulés vers l’extérieur dans la cour asphaltée de l’entreprise et sur la voie publique de la rue Garnier, et environ 1 mètre cube aurait atteint l’égout pluvial», informe Ghizlane Behdaoui, porte-parole régionale au Ministère. Le contaminant a été récupéré à l’aide d’un chargeur sur rue et d’un camion pompe.

La Ville de Sainte-Catherine a mandaté une équipe spécialisée pour procéder au rinçage de la conduite et à la récupération des matières résiduelles.

La Ville a informé Environnement et Changement climatique Canada, la Corporation de gestion de la voie maritime du Saint-Laurent et le Conseil mohawk de Kahnawake.

Le ministère de l’Environnement indique qu’une inspection a eu lieu sur le site le lendemain du déversement et a pu confirmer que le contaminant a été récupéré autant sur le terrain de l’entreprise que sur la voie publique.

Des agents d’Environnement et Changement climatique Canada «ont été déployés sur le site afin de procéder à une inspection et récolter les informations pertinentes afin de vérifier la conformité de l’entreprise en lien avec ce déversement». L’organisme fédéral n’émet aucun autre commentaire pour l’instant puisque le dossier est toujours actif.

Selon la Ville de Sainte-Catherine, aucune alerte concernant la sécurité des citoyens n’a été émise par les autorités environnementales jusqu’à maintenant.

Rencontre entre Kahnawake et Sainte-Catherine

Terrapure fait les manchettes depuis le début de l’année à la suite de reportages rapportant des déversements dans la Voie maritime ainsi que des employés qui ont été en contact avec des seuils élevés de plomb.

La Ville a réclamé le 20 janvier une rencontre d’urgence avec les différentes instances concernées. La communauté autochtone de Kahnawake, voisine de Sainte-Catherine et de l’usine Terrapure, avait déploré de ne pas être invitée à cette rencontre. La Ville de Sainte-Catherine a finalement changé d’idée et a convié officiellement des représentants à cette rencontre, qui n’a toujours pas eu lieu.

Entre-temps, le maire Sylvain Bouchard et la directrice générale Marie-Josée Halpin ont rencontré le 30 janvier le Grand Chef de Kahnawake Cody Diabo ainsi que les chefs Iohahí:io Delisle, Jeffrey Diabo et Ross Montour. L’objectif était de discuter du dossier de Terrapure et d’établir des liens entre les deux communautés.

rencontre Sainte-Catherine et Kahnawake
Le maire de Sainte-Catherine Sylvain Bouchard en compagnie des chefs Jeffrey Diabo, Ross Montour et Iohahi:io Delisle. (Photo : gracieuseté)

«Cette rencontre représente une première étape importante dans l’établissement de voies de communication ouvertes avec nos voisins, a exprimé le Grand Chef Cody Diabo dans un communiqué publié conjointement par la Ville et le conseil mohawk. Bien que certains défis soient à prévoir, elle ouvre la possibilité de repenser la façon dont nos deux communautés peuvent travailler ensemble. »

«Les préoccupations environnementales touchant Terrapure concernent autant les citoyens de Sainte‑Catherine que ceux de Kahnawake. Il est essentiel que nos deux communautés aient accès à la même information, en toute transparence. Notre rencontre marque le début d’une relation constructive et respectueuse, fondée sur la collaboration et le partage», a mentionné le maire de Sainte-Catherine.

Les deux communautés se sont engagées à créer un canal de communication qui permet un partage d’information et une coordination dans les dossiers d’intérêts communs.