La compagnie de théâtre Meute Monde, basée à Delson, travaille actuellement à la création d’un nouveau spectacle destiné au jeune public, rendu possible grâce à une aide financière de 26 000 $ accordés dans le cadre de l’Entente de partenariat territorial pour les arts et les lettres de la Montérégie-Ouest de la MRC de Roussillon.
Pour Meute Monde, ce soutien s’inscrit dans une continuité, la compagnie ayant déjà bénéficié de ce programme au cours des dernières années pour développer plusieurs créations.
Inspiré de livres jeunesse populaires
Dans son atelier de Delson, la fondatrice de Meute Monde, Joanie Papillon, est en pleine effervescence créative. Elle travaille actuellement à la fabrication des marionnettes qui donneront vie à une nouvelle production destinée au jeune public.
Le spectacle s’inspire de deux ouvrages jeunesse publiés aux éditions Alaska : Le caniche qui avait peur du coiffeur et Le caméléon qui ne connaissait pas ses couleurs. Très populaires dans les garderies, ces livres intègrent déjà une dimension numérique grâce à la réalité augmentée.
« Quand les enfants lisent le livre à la maison et pointent un téléphone vers la page, certaines images s’animent », explique Joanie Papillon. « Dans le spectacle, on reprend les musiques de l’application. Ça devient une comédie musicale avec des marionnettes, et les enfants peuvent chanter parce qu’ils connaissent déjà les chansons. »
Contrairement à ce que laisse croire le projet initial, la version scénique ne reposera toutefois pas sur la réalité augmentée. Elle misera plutôt sur un univers immersif créé à l’aide d’effets de lumière UV, plongeant le public dans une ambiance visuelle où les marionnettes brillent dans l’obscurité.
Des marionnettes au cœur du processus créatif
La conception des marionnettes représente une part majeure du travail. Le personnage principal, un caméléon, est notamment fabriqué à partir de matériaux recyclés, comme un ancien lit.

« Même une marionnette qui semble simple peut demander entre 30 et 40 heures de travail », souligne la fondatrice. Soucieuse de limiter l’empreinte écologique de ses créations, elle privilégie la récupération et souhaite inspirer les jeunes à faire de même à la maison.
Mais les défis sont nombreux. Le caméléon, par exemple, change de couleur au fil de l’histoire, ce qui nécessite la fabrication de plusieurs versions du personnage. Même logique pour d’autres éléments du spectacle, comme les coiffures variées du caniche ou encore les animaux du zoo, qui seront représentés par des marionnettes géantes dans lesquelles l’interprète pourra se glisser entièrement.
« C’est assez colossal », admet-elle. Au total, environ trois mois de travail sont nécessaires uniquement pour la fabrication des marionnettes du spectacle.
Un art exigeant, mais précis
Contrairement à certaines idées reçues, le choix d’utiliser des marionnettes n’est ni plus simple ni moins coûteux que d’autres formes de création.
« C’est très long et très cher de travailler avec des marionnettes », précise Joanie Papillon. « Mais on a un avantage : le casting est parfait, puisque la marionnette est créée exactement pour son rôle. »
Une mission d’accessibilité culturelle
La compagnie ne vend pas directement de billets au public. Elle propose plutôt ses spectacles à des écoles, des municipalités et des organismes communautaires, qui peuvent ensuite les offrir gratuitement aux enfants et aux familles.
« Pour nous, c’est ça qui est démocratisant », affirme Joanie Papillon. « On veut donner aux enfants le goût de la culture, pour qu’en grandissant, ils aient envie de continuer à s’y intéresser et à y participer. »
Les premières représentations à Delson commenceront cet été.
