Alors que la campagne électorale se poursuit, le cofondateur du mouvement Tarifs uniques, Steve Pourciel, multiplie les démarches pour sensibiliser les partis politiques à la situation des garderies non subventionnées. Il a notamment effectué une tournée de plusieurs installations de la Rive-Sud le 3 septembre, accompagné de deux candidates libérales.
Propriétaire d’une garderie non subventionnée à McMasterville, Steve Pourciel a consacré sa matinée à une tournée de sensibilisation auprès d’acteurs politiques et de propriétaires de garderies.
Il s’est d’abord rendu à la garderie Bulle & Boussole, à Saint-Philippe, sur la rue des Boussoles, avant de poursuivre son parcours à la garderie Bébékidz, à Saint-Constant, sur la rue Saint-Pierre.
Il était accompagné de Sonia Ziadé, candidate libérale dans La Prairie, et de Pinou Thong, candidate libérale dans Sanguinet, ainsi que Christian Marin, le maire de Saint-Philippe.

«L’objectif est de permettre aux candidats de constater directement les difficultés vécues par les garderies non subventionnées et de mieux comprendre les impacts des décisions gouvernementales sur l’ensemble du réseau de la petite enfance», explique-t-il lors d’une entrevue pour Le Reflet.
«La chute libre est catastrophique»
Selon Steve Pourciel, la principale urgence demeure l’écart financier entre les services de garde subventionnés et non subventionnés.
Il réclame notamment une hausse du remboursement anticipé accordé aux parents qui fréquentent une garderie non subventionnée.
«On s’attend à une hausse du remboursement anticipé. Et ça, il faut que l’annonce se fasse. Il faut qu’il y ait quelque chose qui soit fait immédiatement», soutient-il.
Le propriétaire affirme que cette mesure permettrait d’agir rapidement sur les difficultés vécues par plusieurs installations.
«Le remboursement anticipé, ça ne va pas dans nos poches à nous, les propriétaires de garderies. C’est vraiment pour la poche des parents», insiste-t-il.
M. Pourciel avance qu’environ 12 000 places seraient actuellement vacantes dans les garderies non subventionnées au Québec. Il donne son propre établissement en exemple, où 16 places seraient libres.
«Ça fait en sorte que j’ai des éducatrices qui ont perdu leur emploi cette semaine», affirme-t-il.
Il estime que plusieurs installations ne pourront pas continuer longtemps dans ces conditions.
«Présentement, des garderies non subventionnées ferment partout, partout, partout, parce qu’elles n’arrivent plus à survivre. La chute libre, elle est catastrophique et elle est mortelle présentement.»
Des fermetures sur la Rive-Sud
La tournée du 3 septembre devait notamment permettre d’illustrer concrètement cette réalité.
Steve Pourciel raconte avoir tenté d’ajouter une autre garderie de Saint-Constant au parcours. La propriétaire de la garderie Les Petites Bretelles lui aurait toutefois annoncé qu’elle avait fermé son installation durant l’été.
Selon M. Pourciel, celle-ci ne comptait plus que cinq ou six enfants et un dégât d’eau aurait finalement constitué «la goutte qui a fait déborder le vase».
«Ce sont de bonnes installations qui lancent la serviette», déplore-t-il.
Il cite également le cas d’une garderie de Sainte-Julie qui aurait récemment fermé ses portes en raison, notamment, des difficultés financières vécues par son propriétaire.
Pour Steve Pourciel, ces fermetures démontrent l’urgence d’intervenir avant que davantage de places disparaissent.
Fragiliser davantage le réseau
Le cofondateur de Tarifs uniques estime par ailleurs que la création de nouvelles places subventionnées doit être faite en tenant compte des installations déjà présentes sur le territoire.
Il soutient qu’une nouvelle place subventionnée peut attirer des enfants qui fréquentent actuellement une garderie non subventionnée, déjà aux prises avec des places vacantes.
Selon lui, les municipalités devraient notamment être davantage consultées et connaître l’ensemble de l’offre de services de garde présente sur leur territoire avant l’arrivée de nouvelles installations.
«On n’est pas des pizzerias», lance-t-il. «Il faut savoir ce qui se passe dans nos milieux.»
M. Pourciel ne s’oppose toutefois pas à la conversion de places non subventionnées en places subventionnées. Il estime plutôt que cette démarche doit se faire parallèlement à un ajustement du remboursement anticipé.
Une tournée avec tous les partis
La rencontre avec les candidates libérales s’inscrit dans une démarche que Tarifs uniques souhaite poursuivre avec les différents partis politiques.
Steve Pourciel affirme avoir déjà échangé avec les conservateurs pour organiser une tournée similaire la semaine prochaine, possiblement le 10 septembre prochain.
«On va faire cette tournée-là avec tous les partis. Un objectif de sensibiliser, d’informer», affirme-t-il.
La démarche survient alors que les enjeux liés aux services de garde pourraient occuper une place dans la campagne électorale.
M. Pourciel estime que les partis doivent notamment comprendre que les parents ne cherchent pas nécessairement un type précis d’installation, mais avant tout une place abordable.
«Il n’y a pas un manque de CPE, il y a un manque de places à 9,65 $», soutient-il.
De mouvement citoyen à association nationale
Depuis près d’un an, Steve Pourciel et sa partenaire dans Tarifs uniques, Marylin Gagné, multiplient les démarches pour faire entendre leurs revendications.
Le mouvement avait notamment déposé une pétition de plus de 32 000 signatures à l’Assemblée nationale au printemps.
M. Pourciel affirme maintenant que Tarifs uniques est en voie de devenir une association nationale.
