«La médecine vétérinaire, c’est comme la pédiatrie. Les animaux ne parlent pas. On doit découvrir ce qu’ils ont.»

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Quand la Dre Véronique Dubois, de l’Hôpital vétérinaire Roussillon à Sainte-Catherine, décrit son travail, elle utilise cette analogie.

Pour faire un diagnostic sur l’animal malade ou blessé, les vétérinaires et les techniciennes en santé animale doivent être à l’écoute du maître, comme le médecin écoute un parent qui consulte pour son enfant, indique la vétérinaire.

«On aimerait poser des questions à l’animal pour savoir ce qu’il a. Où as-tu mal? Comment te sens-tu? C’est important ce que les clients nous disent. Il faut les écouter, car c’est ce qui va nous mettre sur la bonne piste. C’est une des parties les plus importantes de notre travail», explique-t-elle.

Et comme en pédiatrie, les parents peuvent calmer leurs enfants.

«Le maître parle à son animal pour qu’il soit moins stressé», image de son côté sa collègue, Lovie Gauthier-Poulin.  

Les deux vétérinaires sont catégoriques: si un client affirme que son animal ne se sent pas bien, c’est qu’il y a obligatoirement quelque chose qui ne va pas.

«Un chien ou un chat, c’est routinier. Le propriétaire connaît son animal. Il sait ce qu’il fait à telle ou telle heure. Souvent, ils ont de petites pistes. On est capable de s’orienter à partir de là», explique Mme Dubois.  

Trier les informations

 Au fil des ans, les vétérinaires ont développé une façon de trier les informations importantes parmi toutes celles que les clients leur donnent.

«Les gens vont souvent redire les mêmes choses, comme avec les hernies discales, par exemple, poursuit-elle. Le client nous dit que son animal ne veut plus monter dans le lit, qu’il ne bouge pas beaucoup et qu’il tremble. La première chose que je vérifie, c’est le dos. Tu ne dois pas sauter aux conclusions. Il faut garder l’esprit ouvert, mais dans 95% des cas, il s’agit d’une hernie discale.»

Chirurgies et examens

Le quotidien des vétérinaires se compose à la fois d’examens et de chirurgies. À l’Hôpital vétérinaire Roussillon, ils pratiquent en moyenne quatre chirurgies par jour, essentiellement des stérilisations et du détartrage. Il arrive aussi que les médecins enlèvent des pierres à la vessie, des masses et des corps étrangers que l’animal a ingurgités. Ils doivent parfois amputer des queues, procéder à des chirurgies aux yeux, installer des plâtres, et même pratiquer des césariennes – «la chirurgie préférée de tous les vétérinaires parce qu’on adore les bébés!» précise Dre Dubois.

Gérer les émotions

Ayant chacune des animaux domestiques à la maison, les docteures Dubois et Gauthier-Poulin soulignent qu’il est parfois difficile de ne pas trop s’impliquer émotionnellement.

«Il faut se détacher du: «Et si c’était le mien?» Il faut garder son côté professionnel, rappelle Mme Gauthier-Poulin. C’est sûr qu’il y a des cas qu’on suit depuis qu’ils sont bébés qui viennent plus nous chercher. On se protège, parce qu’à un moment donné, c’est trop.»

Le métier de médecin vétérinaire nécessite une grande gestion émotionnelle, confie de son côté le Dr Richard Houle, surtout lorsqu’il est question d’euthanasie.  

«C’est émotif parfois, mais ça fait partie du métier, mentionne-t-il. On doit expliquer au client pourquoi on en est rendu à ce constat. Ce n’est pas toujours positif, mais c’est notre travail, d’être là pour les gens.»