Alors que l’environnement tente de faire sa place dans la campagne électorale, l’organisme la Vigile verte a tenu un rassemblement le 12 septembre dernier pour exprimer son inquiétude entourant l’avenir du boisé Côte-Saint-Georges à Sainte-Catherine. Des candidats de la circonscription de Sanguinet y ont assisté pour expliquer leur point de vue face à cet enjeu.

Des citoyens et d’autres organismes environnementaux de la région étaient aussi présents en soutien à la cause. Le boisé est situé au croisement de l’autoroute 730 et de la route 132, à l’arrière de la rue Pasteur.

« Sur une carte aérienne, les pruches et les chênes ont près de 100 ans », a fait savoir Gina Philie, directrice générale de l’organisme, dans un discours en début d’évènement.

Le boisé est présentement une propriété privée et est indiqué comme terrain à développer (vacant) dans les documents d’urbanisme de la MRC du Roussillon. Des démarches pour la construction d’une école secondaire ont été entamées dans le passé avec le Centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries, mais ont été mises de côté en février 2026 par manque de superficie.

Cette indication dite « vacante » depuis plusieurs années laisse Mme Philie penser qu’un éventuel développement est possible.

« Notre point est que s’ils travaillent à développer le secteur, ils ne travaillent pas à sa conservation », a-t-elle fait remarquer.

Par courriel au Reflet, la Ville a affirmé qu’aucun projet de développement n’a été déposé et qu’il est prématuré de se prononcer sur un « éventuel scénario de développement ».

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La vision des partis

Pour Pinou Thong, candidate du Parti libéral, la conservation du boisé s’inscrit dans une réflexion sur les changements climatiques.

« Devant la montée des épisodes de réchauffement climatique, pluies diluviennes, feux de forêt, vents violents, nous croyons qu’il faut en faire plus afin d’adapter nos communautés aux changements climatiques et augmenter notre résilience », a-t-elle affirmé sur place.

La candidate de Québec solidaire, Virginie Bernier, a vu son sous-sol être inondé récemment. « Vous l’avez vécu vous aussi et c’est l’une des raisons pour lesquelles on veut protéger ce boisé. Il faut trouver des solutions pour soutenir les municipalités », a-t-elle ajouté.

Les candidats de la CAQ et du PQ n’étaient pas disponibles pour assister à l’évènement, mais une rencontre a eu lieu avec Mme Philie. Le candidat du PCQ n’a pas été contacté.

Salamandre cendrée

Kevin Quirion-Poirier, résident de Saint-Constant, était présent pour soutenir la cause. Biologiste de formation, il a expliqué au Reflet que la conservation du boisé est nécessaire pour de petits animaux, comme la salamandre cendrée qui se loge sous les arbres décomposés.

« Ce n’est pas une espèce rare, mais dans le coin ici, il y a tellement peu de boisés que tu ne retrouves pas de salamandre, tandis qu’ici, il y en a », a-t-il expliqué.

« Le boisé offre des biens et services d’une valeur écologique de près d’un demi-million de dollars par année.  Il agit comme un filtre pour l’air et de recharge hydrique du bassin versant de la rivière Saint-Régis », a ajouté Gina Philie.

Selon le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, les villes doivent maintenir 30 % de couvert forestier sur leur territoire. À Sainte-Catherine, elle se situe à près de 23%. Avec ce chiffre, elle doit prévoir des moyens pour limiter la déforestation.

Cependant, la Vigile verte a constaté des coupes d’arbres à l’arrière du boisé malgré une interdiction d’abattage que la MRC lui a confirmée.

Nouveau directeur général

Alors que la Ville a accueilli un nouveau directeur général le 14 septembre, Gina Philie espère que son arrivée permettra de faire avancer le dossier.  L’approbation de la direction générale, des élus et du maire est nécessaire pour assurer la conservation du boisé.

La Ville affirme que ses membres sont « sensibles à la protection des milieux naturels du territoire. Elle poursuit son analyse et évaluera les prochaines étapes au moment opportun, en fonction de ses responsabilités, de ses outils de planification et du cadre légal applicable ».