Une célébration peu commune s’est tenue le 2 juin au Domaine des Cascades à Sainte-Catherine alors que la résidence pour aînés a rendu hommage à six de ses résidents centenaires, dont deux âgés de 101 ans.

Les personnes honorées sont Régina Fillion Poulin, Réjeanne Lapierre Cusson, Lucille Labelle Asselin, Gérard Louis, Yvette Cantin Couture et Gisèle Lord Béliveau.

«La célébration a nécessité plusieurs semaines de travail, on la préparait avec soin», affirme Christine Bouchard, l’organisatrice et responsable animation et loisirs du Domaine des Cascades.

« Aujourd’hui, nous avons regroupé nos six centenaires, je dirais mieux, nos quatre centenaires et nos deux personnes qui ont 101 ans, ce qui totalise les 602 ans. C’est pour ça que la rencontre s’appelle les 602 ans de la résidence », a expliqué Gérard Borel, directeur général du Domaine des Cascades, propriété du groupe IMO Première.

Selon lui, la situation est exceptionnelle. « Nous sommes la seule RPA au Québec qui avons six centenaires en même temps, dans la même résidence, et qui sont tous en pleine forme », a-t-il affirmé.

Des parcours marqués par l’histoire

Derrière ces six centenaires se cachent autant de parcours de vie.

Née à Saint-Cyprien le 6 décembre 1925, Régina Fillion Poulin a grandi dans une famille de 13 enfants. Elle a connu la vie agricole, travaillé comme femme de ménage et serveuse avant de devenir mère au foyer. Parmi les événements qui l’ont marquée figurent la Seconde Guerre mondiale et l’arrivée de l’électricité dans les campagnes. Pour elle, le bonheur consiste à vivre encore en santé et à cultiver l’amour entre les gens.

Réjeanne Lapierre Cusson, née à Granby le 5 février 1926, a passé ses premières années sur une ferme avant d’être élevée dans un pensionnat. Elle a travaillé pendant quinze ans chez le fabricant de tabac Imperial Tobacco. Résidente du Domaine depuis 13 ans, elle affirme que le bonheur réside dans la santé de ses enfants et encourage les jeunes à « ne jamais baisser les bras ».

Originaire de Ville-Émard, Lucille Labelle Asselin, née le 2 avril 1926, garde le souvenir d’une enfance heureuse. La guerre l’a profondément marquée puisque deux de ses frères y ont participé. Entourée de six enfants dans sa famille, elle considère que le bonheur se trouve auprès des siens et recommande aux jeunes de s’entourer de bonnes fréquentations et d’avoir confiance en eux.

Née le 17 septembre 1924 à Saint-Jean-Chrysostome, dans la région de Lévis, Yvette Cantin Couture a grandi dans une famille de cultivateurs comptant 13 enfants. Elle se rappelle notamment la construction du pont de Québec et l’arrivée de l’électricité. Mère au foyer, elle estime que le bonheur se trouve dans la famille et invite les nouvelles générations à prendre soin de leurs proches.

De son côté, Gisèle Lord Béliveau, née le 12 septembre 1924 à Longueuil, évoque une enfance heureuse, créative et bercée par la musique. Issue d’une famille recomposée de 14 enfants, elle a travaillé comme riveteuse d’avions durant la Seconde Guerre mondiale avant de devenir couturière chez Bond Clothes. Le passage du dirigeable R-100, la guerre et Expo 67 figurent parmi les événements historiques qui l’ont marquée. « Mes 100 ans furent bien spéciaux, tout comme chaque matin où je me lève encore alerte et autonome », confie-t-elle.

Enfin, Gérard Louis, né le 15 mai 1926 dans un village belge d’environ 300 habitants, a lui aussi été marqué par la guerre. Ancien conducteur de train et vendeur de bière pendant 15 ans, il attribue la clé du bonheur à une bonne santé et rappelle aux jeunes que « avec la volonté et le courage, rien n’est impossible ».

Une continuité de leur parcours

Pour Gérard Borel, ces centenaires représentent une génération qui a contribué à bâtir la société actuelle.

« Nous sommes la continuité de ce qu’ils ont fait dans leur vie. Ils ont eu des vies très actives, de différents milieux, mais ce sont des gens qui ont beaucoup travaillé, qui ont élevé beaucoup d’enfants. Nous, nous sommes simplement la continuité et nous essayons de les rendre les plus heureux possible », a-t-il souligné.

Présent lors de la cérémonie, le maire de Sainte-Catherine, Sylvain Bouchard, a salué le travail effectué auprès des résidents.

« Ici, dans cette résidence, ils ont visiblement une recette qui arrive à plus de 100 ans, six fois en ce moment. Je sais que les gens sont bien traités et sont vraiment bien accompagnés », a-t-il déclaré.

Le maire a également vanté la qualité de vie offerte par la municipalité.

« On est la ville sur le bord de l’eau. Les gens, nos aînés, aiment ce style de vie-là, le bord de l’eau, l’accessibilité d’aller marcher. Le beau temps approche. Je souhaite que nos gens ici puissent profiter, vraiment, de prendre de bonnes marches et d’aller sur le bord de l’eau », a-t-il ajouté.

Une reconnaissance officielle

La cérémonie a également été l’occasion de remettre des certificats et lettres de reconnaissance du gouvernement du Québec aux centenaires.

« Chaque résident qui aura 100 ans aujourd’hui recevra vraiment une lettre officielle de la part du cabinet de la première ministre », a confirmé Arielle Grenier, directrice du bureau de la circonscription de la ministre Christine Fréchette.

Mme Grenier a précisé que la première ministre ne pouvait être présente en raison d’un engagement gouvernemental, mais qu’elle tenait à souligner l’importance de cet hommage.

« Ce sont des gens qu’elle rencontre depuis trois ans et demi. Elle est très touchée aussi par tout ce qui touche les aînés et les soins de santé aux aînés », a-t-elle indiqué.