Le fabricant de matériaux de construction Amrize investira 610 millions de dollars dans la modernisation de sa cimenterie de Saint-Constant, un projet présenté comme le plus important investissement dans l’industrie cimentière canadienne au cours de la dernière décennie.
L’entreprise a officiellement donné le coup d’envoi aux travaux qui doivent transformer l’usine montérégienne en « la plus avancée et la plus durable de l’Est du Canada ». Le projet vise à réduire l’empreinte environnementale du site, accroître sa capacité de production et créer de nouveaux emplois.
« C’est l’investissement le plus important avec Amrize à ce jour, mais aussi le plus grand investissement de la dernière décennie dans notre secteur. Ça représente un ancrage dans cette économie pour de nombreuses décennies à venir », affirme Nollaig Forrest, cheffe du marketing et des affaires corporatives chez Amrize, lors d’une entrevue accordée au Reflet.

L’entreprise prévoit terminer les travaux à la fin de 2028.
Jusqu’en 2025, l’usine opérait sous la bannière Lafarge. Depuis la scission des activités nord-américaines de Holcim en juin 2025, elle est intégrée à Amrize, nouvelle société regroupant les activités canadiennes et américaines du fabricant de matériaux de construction.
Réduction des émissions
La modernisation permettra à l’usine de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030. Cette réduction devrait atteindre 40 % en 2035, ce qui permettrait à la cimenterie d’afficher les plus faibles émissions par tonne de ciment dans l’Est du Canada.
Selon Mme Forrest, plusieurs facteurs contribueront à cette diminution.
« Ce qui nous permet d’avoir un bilan carbone compétitif et extrêmement bas est basé sur plusieurs paramètres. Déjà, on va mettre en place des technologies de pointe qui vont améliorer l’efficience opérationnelle et énergétique, et on va aussi utiliser des énergies décarbonées jusqu’à 90 % », explique-t-elle.
L’investissement est soutenu par les gouvernements du Québec et du Canada. Québec accorde 41,5 millions de dollars par l’entremise du programme ÉcoPerformance et de la Mesure d’aide à la décarbonation du secteur industriel (MADI), tandis qu’Ottawa contribue à hauteur de 25 millions de dollars grâce au Fonds pour une économie à faibles émissions de carbone.
D’après les données du ministère de l’Environnement, les cimenteries figurent parmi les plus importants émetteurs industriels de GES au Québec. Les quatre usines actuellement en activité dans la province seraient responsables d’environ 15 % des émissions du secteur industriel. Devant ce constat, le gouvernement du Québec avait demandé aux cimenteries, il y a deux ans, de soumettre des plans visant à réduire leur empreinte carbone.
Plus de production et davantage d’emplois
La capacité de production annuelle de l’usine passera de 900 000 tonnes à 1,2 million de tonnes de ciment, soit une hausse de 300 000 tonnes.
Cette croissance s’accompagnera d’une augmentation des effectifs. L’entreprise prévoit embaucher davantage de travailleurs du secteur, ce qui fera croître le nombre d’employés de 25 % à 30 % selon les projections avancées par la direction.
L’usine de Saint-Constant, inaugurée en 1967, produira également un ciment certifié « Produit au Québec », dont l’ensemble des principales étapes de fabrication, de l’approvisionnement en matières premières jusqu’au produit final, sera réalisé dans la province.
Des bénéfices attendus pour les résidents
Au-delà de la réduction des émissions de GES, Amrize affirme que les résidents de Saint-Constant devraient constater une amélioration de leur environnement immédiat.
« Pour les résidents de Saint-Constant, ils devraient voir une diminution du bruit, de la poussière et de la pollution. Le projet de modernisation est essentiellement là pour réduire notre empreinte environnementale », indique Daniel Vadacchino, directeur de l’usine de Saint-Constant, lors d’une entrevue accordée au Reflet.
Selon lui, la notion d’empreinte environnementale dépasse largement les seuls gaz à effet de serre.
«Ça inclut aussi le bruit et les poussières. L’objectif est de réduire notre empreinte environnementale globalement », ajoute-t-il.
L’usine produit actuellement six types de ciment et poursuit ses recherches afin de développer de nouvelles formulations moins polluantes.
