La réunion d’urgence réclamée par le maire de Sainte-Catherine sur la situation de l’entreprise Terrapure a finalement eu lieu le 6 février. Au terme de cette rencontre, la Ville de Sainte-Catherine souligne que les instances gouvernementales ont confirmé qu’il n’y a pas de risque immédiat pour la santé de la population. La Ville mentionne tout de même qu’il manque «des données environnementales importantes».
Des représentants d’une quinzaine d’organisations gouvernementales et paragouvernementales ont pris part à cette réunion d’urgence de même que des représentants du conseil mohawk de Kahnawake.
Le maire Sylvain Bouchard a indiqué à la séance du conseil municipal du 10 février qu’il avait apporté toutes les questions posées par les citoyens lors de la dernière séance publique.
«Nous avons posé des questions très précises. Il est donc normal de nous rencontrer à nouveau pour avoir des mises à jour à la suite de leurs vérifications», souligne M. Bouchard.
La Ville a indiqué que le Bureau de protection de l’environnement de Kahnawake a aussi soulevé des questions légitimes sur les effets cumulatifs des activités de l’usine de Terrapure sur l’environnement et la santé de la population.
M. Bouchard affirme que les intervenants présents lors de la réunion se sont engagés à partager leur expertise et leurs études pour permettre d’établir un portrait d’ensemble de la situation.
Rappelons que la compagnie spécialisée en recyclage de batterie au plomb a fait les manchettes ces dernières semaines puisqu’elle est poursuivie par Environnement et changement climatique Canada concernant des déversements dans la Voie maritime. La Ville de Sainte-Catherine est aussi poursuivie par Environnement et changement climatique Canada en lien avec ce déversement.
Un reportage de Radio-Canada faisait aussi état d’un rapport de la santé publique sur l’exposition des employés à des seuils de plombs plus élevés que la norme. Un déversement sur le terrain de l’usine ainsi que dans la rue et l’égout pluvial a aussi été rapporté à la fin janvier.
Un comité de travail
La Ville de Sainte-Catherine dit être limitée dans son pouvoir d’intervention puisque la surveillance et le contrôle des opérations de l’entreprise en matière d’environnement relèvent des compétences des gouvernements provincial et fédéral et ce qui touche la santé publique est régional. Bien qu’elle ait elle-même autorisé des déversements dans l’égout pluvial en 2022, selon le Journal de Montréal.
La Ville entend garder un rôle de vigie dans ce dossier et de maintenir une communication étroite avec les autorités concernées. Elle a proposé de mettre sur pied un comité de travail qui servira à mettre en commun les données disponibles, de brosser un portrait «complet et actualisé de la situation», de préciser les responsabilités respectives quant à l’analyse de l’air, de l’eau et du sol et d’élaborer un plan d’action. Les membres qui formeront ce comité ne sont pas précisés. Sainte-Catherine a indiqué au Reflet ne pas accorder d’entrevue à ce sujet.

