Depuis son ouverture le 13 juin dernier, la plage du RécréoParc de Sainte-Catherine accueille déjà ses premiers baigneurs. Derrière cette saison estivale qui bat son plein se cache toutefois un important travail de préparation et de surveillance afin d’assurer la qualité de l’eau et la sécurité des visiteurs.

Chaque printemps, plusieurs étapes sont nécessaires avant que la plage puisse recevoir le public.

« Dans les grandes étapes de préparation d’ouverture au printemps, la première séquence, c’est de vider le bassin de toutes les eaux de pluie, les eaux hivernales qui ont pu s’accumuler dans le bassin », explique le directeur général du Récréoparc, Nicolas Goyette-Bouchard.

Le sable est ensuite remis en état grâce au travail d’un entrepreneur spécialisé qui procède à son grattage. Différents équipements sont également installés afin de maintenir la qualité de l’eau tout au long de la saison.

Contrairement à plusieurs sites de baignade, l’eau de la plage du RécréoParc est directement puisée dans le fleuve Saint-Laurent. Le système fonctionne sans traitement chimique ni désinfection par rayons ultraviolets.

« L’eau est directement pompée du fleuve Saint-Laurent, où il y a du courant, où l’eau est de qualité », précise M. Goyette-Bouchard.

L’eau est captée dans une zone où le courant est important avant d’être acheminée vers le bassin de baignade grâce à un système de pompage.

« Il n’y a aucun traitement chimique, aucun traitement UV qui est fait à l’eau qui rentre dans le bassin de la plage », ajoute-t-il.

Pour s’assurer que l’eau respecte les normes en vigueur, le RécréoParc effectue un suivi régulier à l’aide de 18 points d’échantillonnage répartis entre le bassin de baignade et le fleuve Saint-Laurent.

Des inquiétudes ravivées par le dossier Terrapure

La qualité de l’eau demeure d’ailleurs l’un des sujets qui suscitent le plus de questions auprès des visiteurs.

« Chaque année, sur nos réseaux, on a beaucoup de questions. Beaucoup de gens reviennent avec les mêmes interrogations sur la qualité de l’eau et sur ce qu’on ajoute ou non dans notre eau de baignade. On tient à rester très transparents sur ce domaine-là », indique le responsable des communications du RécréoParc, Issaïe Mourade Carver.

Cette question de la qualité de l’eau est d’autant plus sensible depuis les accusations déposées en janvier dernier par Environnement Canada contre l’entreprise Terrapure, spécialisée dans le recyclage de batteries au plomb, ainsi que contre la Ville de Sainte-Catherine.

L’organisme fédéral leur reproche d’avoir rejeté des substances nocives pour les poissons dans les eaux de la Voie maritime du Saint-Laurent entre 2020 et 2023, en contravention présumée à la Loi sur les pêches. Les deux parties s’exposent à des amendes minimales de cinq millions de dollars.

Bien que le RécréoParc ne soit pas impliqué dans ce dossier et ne puisse commenter les procédures en cours, sa direction tient à rassurer les citoyens quant à la provenance de l’eau utilisée pour la baignade.

« L’eau est pompée directement après les rapides de Lachine, du côté du fleuve où Verdun, LaSalle et Lachine ont tous des plages et des accès à l’eau. Au RécréoParc, nous utilisons la même portion du fleuve qui est propre à la baignade », affirme M. Goyette-Bouchard.

Une plage toujours plus populaire

L’intérêt pour la plage continue de croître. En 2025, celle-ci a accueilli 18 736 visiteurs, soit une augmentation de 8,74 % par rapport à l’année précédente. La majorité de la clientèle provenait de Montréal et de Laval (26,14 %), suivies de la MRC de Roussillon Est (21,24 %) et de l’agglomération de Longueuil (12,11 %).

Les conditions météorologiques demeurent toutefois un facteur important dans les opérations de la plage. Sur les 59 jours d’ouverture recensés en 2025, six journées de fermeture ont été enregistrées. Deux d’entre elles étaient liées à la pluie, tandis que quatre autres étaient attribuables à une qualité de l’eau jugée non conforme à la suite d’épisodes de mauvais temps.

Au-delà de la plage, le RécréoParc reste un lieu de fréquentation important. Le compteur installé à l’entrée de l’écluse a enregistré environ 441 300 passages au cours de l’année, incluant les véhicules motorisés, les cyclistes, les piétons et les autres usagers.