Pour une personne seule, vivre dans une résidence privée pour aînés (RPA) s’avère plus sécuritaire que dans une maison ou un logement, soutient le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA).

«On côtoie des voisins et on a du personnel qui donne des services sur une base quotidienne. Quoiqu’il arrive, il y a plus de chance qu’une personne soit là pour aider», croit Hans Brouillette, directeur des affaires gouvernementales et publiques du Regroupement.

Gérard Borel, directeur général du Domaine des cascades à Sainte-Catherine, et Bruno Ferland, directeur général de la Résidence les Quatre Saisons à Châteauguay, abondent dans le même sens. «C’est meilleur à tous les points de vue», dit le premier. «Les aînés sont stimulés. Ils rencontrent plus de gens que ce soit durant les repas ou des activités», mentionne le second.

domaine des cascades
Le Domaine des cascades (Photo : Le Reflet – Denis Germain)

Système d’urgence et portes codées

Le Domaine des cascades compte 267 logements pensés pour des aînés autonomes, semi-autonomes et ayant des problèmes cognitifs. Les clientèles occupent des étages différents. Tous les logements sont dotés d’un système d’urgence pour lequel un membre du personnel répond 24 heures sur 24, 7 jours par semaine, mentionne M. Borel. Une employée de soin est également accessible en continu.

Si des mesures de sécurité sont communes, d’autres demeurent spécifiques aux personnes en perte d’autonomie. «Les gens ne peuvent ni sortir ni rentrer. Il faut une puce ou un code. Il y a 16 appartements sur chaque étage pour un total de 32. Il y a des employés 24 heures sur 24 sur place», décrit le directeur général de l’établissement en ajoutant que 90 % des résidents de ces unités habitaient la section dédiée aux personnes autonomes de la résidence avant de perdre leur autonomie.

La résidence les Quatre Saisons, c’est 177 appartements où cohabitent les personnes autonomes et semi-autonomes. L’accès est possible via une puce seulement. Les sorties d’urgence font l’objet d’un contrôle. Les portes, codées, s’ouvrent après plusieurs secondes et non instantanément. L’établissement est muni de caméras de surveillance donnant sur les portes d’entrée principales.

Une prise des présences se fait pour chaque service, dont les repas. «Si une personne qui dîne avec nous habituellement n’y est pas, on vérifie si elle est dans sa chambre ou partie à l’extérieur», souligne Bruno Ferland. La direction demande aux résidents de l’aviser de leurs déplacements.

La résidence Chartwell Le Montcalm à Candiac accueille «une forte proportion» de personnes autonomes. La direction s’assure d’un équilibre dans la qualité de vie des différentes clientèles en amalgamant «un milieu de vie ouvert, appuyé par des mesures adaptées au profil et aux besoins réels» des résidents, avise Lucie Labbé, vice-présidente santé et relations gouvernementales chez Chartwell.

Liberté pour les résidents autonomes

Les résidentes autonomes des établissements de Sainte-Catherine et Châteauguay profitent d’une liberté dans leurs déplacements, disent les directeurs généraux. L’accès au Domaine des cascades se fait via l’entrée principale, dont la porte est codée. «La plupart des résidents ont une auto et peuvent sortir à tout moment. Au retour, ils utilisent leur puce», explique M. Borel.

Chaque résidence doit se conformer au Règlement sur la certification des résidences privées pour aînés en vigueur depuis 2022. Le Domaine des cascades et les Quatre Saisons ont renouvelé leur certification récemment; un processus qui se répète tous les quatre ans, affirment les directeurs généraux. L’ajout d’articles de loi demande des ajustements dans les résidences. «Même si on est certifiés, des agents nous visitent de temps en temps pour vérifier si toutes les mesures demandées par le gouvernement sont en place», souligne M. Borel.

Respectueux du Règlement, le groupe Chartwell souligne que Québec étudie des «ajustements aux obligations liées à l’errance». «Nous sommes en attente de précisions de Santé Québec prochainement», explique Mme Labbé.

Est-ce que le Domaine des cascades a changé des mesures depuis l’entrée en vigueur du règlement provincial? – «Oui, répond le directeur général. On a fait quelques modifications surtout au niveau de la logistique comme le système et la centrale d’alarme, la modification de certaines portes pour rester conformes. Il a beaucoup de dollars qui ont été investis ici même après 2022.»

Des exercices d’évacuation en cas d’incendie s’ajoutent aux articles de loi du Règlement. Le Domaine des cascades en effectue deux par année à l’aide d’un personnel formé via une entreprise accréditée par Québec. La collaboration des résidents autonomes à ces exercices représente un «gros défi» pour Gérard Borel. Certains d’entre eux refusent d’y participer. «On le note et un rapport [accessible aux pompiers] est fait par la suite», avoue-t-il.

À la résidence Les Quatre Saisons, M. Ferland parle d’«un bon investissement» dans l’installation d’une dizaine de portes codées depuis 2022.

Aînés décédés

Au Québec, des aînés sont décédés à l’extérieur de leur RPA avant et durant la période des Fêtes en 2025. Malgré tous les outils en place pour sécuriser les résidents, une situation similaire pourrait se produire dans la région.

«Il y a 138 000 aînés en RPA, le risque est nettement moindre dans une RPA qu’ailleurs», exprime Hans Brouillette.

«La personne qui se trouve dehors à – 30 degrés Celsius, elle ne veut pas sonner parce qu’elle ne veut pas déranger. Ce qui arrive, c’est ce qu’on entend», soutient Gérard Borel.

«On n’est pas à l’abri. Un résident pourrait essayer de sortir. Un autre, pour bien faire, lui ouvre la porte. Malgré un système de sécurité, une situation malheureuse peut arriver», conclut Bruno Ferland.