L’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) Rive-Sud déplore le fait que les aînés à faible revenu ont vu leur supplément de revenu garanti (SRG) de 2021 largement amputé à la suite de la réception de la prestation canadienne d’urgence PCU en 2020.

Selon l’organisme, cela a créé une situation inéquitable et injuste vis-à-vis cette portion de la population parmi les plus démunis et contribue à les appauvrir encore davantage.

L’ACEF dénonce cette situation et exige des mesures correctives appropriées et rapides de la part du gouvernement.

«De nombreux aînés à faible revenu recevant le SRG doivent tout de même travailler pour arrondir leur fin de mois, explique l’ACEF, par voie de communiqué. Ayant perdu leur emploi durant la pandémie, ils ont demandé la PCU. Lorsqu’ils ont fait leur rapport d’impôt 2020, la PCU a été considérée comme un revenu et cela a entraîné la perte totale ou partielle de leur SRG. Ainsi, du jour au lendemain, ils ont perdu une grande partie de leur revenu, déjà insuffisant.»

Par exemple, des aînés qui recevaient un revenu mensuel de 1 600$ par mois ont vu leur SRG réduit, en moyenne, de 640$. Ils se sont retrouvés avec un revenu mensuel de seulement 960$.

L’ACEF déplore qu’en plus, ceux qui n’avaient finalement pas droit à la PCU se sont fait imposer des ententes de remboursement irréalistes, en plus de perdre leur SRG.

«Cela crée une situation injuste puisqu’ils sont les seuls, parmi les personnes qui doivent rembourser la PCU, à être doublement pénalisés. Or, une coupure au SRG ne doit pas être considérée comme une pénalité pour avoir reçu la PCU sans y avoir droit.»

Face à cette situation, les aînés ont peu de moyens pour se faire entendre, ajoute l’ACEF.

«Théoriquement, ils peuvent demander que la décision de réduire leurs prestations soit révisée et que le montant de leur SRG soit calculé en fonction du revenu de l’année en cours et non de l’année précédente. Cependant, en pratique, les recours sont longs et compliqués. Les aînés appauvris par cette situation ne peuvent attendre aussi longtemps que les 150 à 180 jours que peut prendre le délai de traitement d’une demande. De plus, les voies d’appel et les résultats obtenus diffèrent selon l’entité gouvernementale à laquelle la personne s’adresse, soit l’Agence de revenu du Canada (ARC) ou Service Canada. C’est arbitraire et injuste.»

L’ACEF réclame donc des mesures rapides et efficaces de la part du gouvernement.

«Il est urgent que le gouvernement mette en place une stratégie globale pour corriger les iniquités et les conséquences néfastes pour les aînés de ces retombées», soutient l’organisme.

Pour y arriver, l’ACEF propose que le gouvernement rétablisse d’urgence et rétroactivement le SRG pour tous les aînés ayant été pénalisés; qu’il exclut la PCU du calcul des prestations à être versées; et qu’il limite le délai d’attente pour le traitement d’une demande de révision au SRG à un maximum de 28 jours.

«Grâce à ces mesures, les aînés faible revenu n’auront pas à faire face inutilement à des difficultés financières accrues et le SRG conservera sa vocation initiale, soit celle de soutenir ceux qui en ont le plus besoin», conclut-il.

(Source : ACEF Rive-Sud)