Une étudiante de troisième année en éducation spécialisée au Centre d’études collégiales de Saint-Constant du cégep de Valleyfield est désemparée en raison de situations qu’elle juge aberrantes dont elle est témoin et partie prenante depuis déjà plusieurs semaines.
«Nous avons été fortement encouragés à recevoir les deux doses de vaccins de la COVID-19 afin d’avoir la chance d’être en présentiel à notre cégep. Puisque nous avons atteint le pourcentage nécessaire de vaccinés, nous avons eu l’autorisation de réintégrer nos classes désertées depuis deux sessions. Aussi, le ministère exige que tous les étudiants sans exception portent le masque en tout temps et ce, même à leurs places assises. Or, au cégep de Valleyfield, les étudiants sont les seuls qui doivent se plier à cette exigence, puisque les enseignants ainsi que le personnel de soutien, peuvent travailler sans masques, sauf lors des déplacements. De plus, on nous exige de porter notre masque même lorsque nous sommes à la toilette», affirme la jeune femme.
Du côté du cégep, on avise qu’effectivement, les mêmes règles sanitaires s’appliquent sur ses trois campus, ainsi que dans l’ensemble du réseau collégial.
«C’est l’affaire de tous de les suivre. Tout est mis en place pour faire respecter les règles. Des rappels fréquents sont faits aux étudiants et enseignants, des bannières et des informations sont constamment visibles pour les rappeler également. Plus précisément, pour tous les gens de notre communauté collégiale, il est demandé de porter le masque de procédure lors des déplacements et à moins de deux mètres. Selon les règles sanitaires en vigueur, les enseignants peuvent le retirer lorsqu’ils enseignent, tout en respectant les règles de distanciation physique. Il faut savoir que les employés sont assujettis aux règles de la Direction de santé publique ainsi que de la CNESST», indique-t-on du côté de la direction.
Interdit de manger
L’étudiante va plus loin en prétendant qu’il y a deux poids deux mesures lorsqu’il est question de collations.
«Il nous est interdit de manger des collations légères dans les classes comme convenu dans les plans de cours, puisque ceci ne respecte pas la règle du masque. Cependant, il nous est permis de boire notre café ou notre diète liquide. Il est important de noter que plusieurs étudiants dont je fais partie, n’ont pas de pause entre deux cours le vendredi, ce qui veut dire que nous devons garder notre masque sans dîner», affirme l’étudiante.
Il faut toutefois savoir que même avant la pandémie, il était interdit, selon les règles du cégep, de manger en classe.
«Pour des raisons d’hygiène, au sein de nos milieux d’enseignement. Cette règle doit s’appliquer dans tous les cours. Nous sommes conscients des défis à relever pour s’assurer d’une certaine uniformité, mais nous assurons régulièrement des rappels au sein de notre communauté collégiale sur ce volet», dit-on, tout en ajoutant une certaine flexibilité.
«Il faut savoir que lorsque l’étudiant a des contraintes particulières, l’enseignant peut convenir avec lui de certains accommodements. Il faut en discuter au préalable», précise le cégep.
Pas d’éclosion
L’étudiante poursuit en soutenant que des enseignants jouent sur le sentiment de peur pour exiger le port total du masque.
«Il est vrai que nous avons eu deux collègues de classe qui ont eu la COVID-19 le mois dernier. Cependant, ces deux élèves n’ont pas été vaccinés adéquatement et vivent ensemble, ce qui veut dire que nous ne sommes pas en éclosion. D’ailleurs, certains enseignants, perpétuent le faux sentiment de sécurité en faisant une cause à effet avec les deux cas et le port du masque sans mentionner qu’ils n’étaient pas vaccinés. Ce qui est à mon sens, malhonnête et engendre une anxiété sociale chez plusieurs étudiants», déplore la jeune femme qui dit s’être toujours conformée aux règles sanitaires.
«Mais je ne peux rester muette devant cette situation. Je suis fière d’avoir un discours articulé, mais je ne suis pas écoutée par le personnel de l’établissement et je suis contre les menaces. J’ai beaucoup de difficulté à accepter des règles lorsque les « bottines ne suivent pas les babines »» conclut-elle.

