Depuis le début de la campagne électorale fédérale, très peu a été dit sur la culture, sinon qu’il faut

en appuyer la relance. Tous les partis reconnaissent que ce secteur a été durement touché par la

pandémie, et il continuera de l’être à cause des contraintes liées au passeport vaccinal et aux

difficultés à voyager.

Par Sylvain Massé, président de Culture Montérégie, et Nancy Bélanger, directrice générale

Pour la Montérégie, cette conjoncture a exacerbé une situation déplorable qui perdure et qui doit être

corrigée : celle du sous-financement du secteur culturel.

Le gouvernement fédéral veut favoriser le développement des régions pour aider les communautés à

prospérer et pour encourager l’innovation. Or, prospérité et innovation ne vont pas sans les arts. Une

région qui rayonne par son dynamisme culturel attire plus d’entreprises et de gens. Doit-on

également rappeler que la pratique des arts dans la vie des jeunes contribue à leur réussite scolaire ?

La culture est un puissant moteur de croissance. C’est un vecteur d’inclusion et de partage, un outil

essentiel pour quiconque pense sérieusement au développement des collectivités.

Sachant cela, comment expliquer qu’une région aussi vaste que la Montérégie, qui compte près de 20% de la population québécoise, continue d’être considérée comme une succursale de la métropole ?

Nous ne recevons que 3,15 % de la totalité des investissements faits par les principaux bailleurs de

fonds fédéraux que sont le Conseil des arts du Canada, Téléfilm Canada et Patrimoine canadien. Cela

équivaut à 6,48 $ par habitant. En comparaison, Montréal obtient 108,46$. Et alors que

Radio-Canada possède des antennes partout sur le territoire québécois, il n’y en a aucune en

Montérégie pour dire ICI à 1,6 million de Québécois.

Notre organisme, le Conseil de la culture de la Montérégie, regroupe plus de 400 membres qui, par

leurs pratiques artistiques, enrichissent la très grande région qu’elle représente et qui a sa réalité

propre. Non seulement sommes-nous le garde-manger du Québec, mais nous nous situons au

troisième rang en ce qui a trait au patrimoine et à l’histoire. Un nombre impressionnant d’artistes et

de créateurs vivent ici.

Pour les voir s’épanouir et rendre la région prospère, il faut y investir. Il y a des bâtiments à restaurer,

des infrastructures à mettre en place, des lieux de diffusion à établir. C’est un vaste chantier porteur

d’avenir que le gouvernement fédéral a le pouvoir de financer.