Le maire de Saint-Philippe, Christian Marin, a voté contre la nomination de Catheryne Cléroux au comité consultatif d’urbanisme (CCU) parce que la citoyenne avait apposé son nom à une pétition qui demandait sa destitution.
Au terme d’un appel de candidatures, le directeur du service d’urbanisme et du développement durable avait pourtant recommandé de l’admettre dans ce comité auquel participent cinq citoyens.
«Ça prend de la transparence pour faire partie du CCU, a dit le maire pour justifier sa demande du vote lors du conseil municipal du 8 septembre. De la transparence pour tous les citoyens. Je trouve que quand tu signes une pétition, tu ne démontre pas de la transparence. C’est mon point de vue.»
Il a partagé son point de vue au moment où les conseillers se sont exprimés sur la résolution.
Clément Boyer a défendu le maire en disant que toute personne qui siège sur une structure municipale doit être capable de démontrer un certain code d’éthique et de retenue, surtout sur les sites web qui changent les propos et défont la réalité juste pour semer la zizanie, selon ses dires. «Je pense que la ville de Saint-Philippe n’a pas besoin de cette attitude», a-t-il dit.
«Je crois que chaque personne est en droit de s’exprimer sur les réseaux sociaux et que l’instance politique n’a pas à s’en mêler, je considèrerais que c’est de la censure», a pour sa part exposé la conseillère Gabrielle Garand.
Sa consoeur, Émilie St-Onge, a soulevé qu’à sa connaissance, il n’existait pas de disposition légale au règlement qui empêche une citoyenne de signer une pétition et de siéger sur le CCU.
Comme le vote a été partagé à trois en faveur de sa nomination et autant de conseillers qui ont voté contre, la décision du maire a eu pour effet de faire pencher la balance en faveur du rejet de la nomination de la citoyenne.
Questionné plus tard par un citoyen, le maire a indiqué croire qu’il ne brimait pas la liberté d’expression par sa décision. «Je suis ici pour prendre des décisions pour la majorité des citoyens, a-t-il affirmé. Pour faire partie du CCU, ça prend de la transparence.»
En contrepartie, la nomination de Marie-Josée Thériault-Hevey au CCU, pour une période de deux ans se terminant le 9 septembre 2028, a été acceptée. Le mandat d’Alain Lajeunesse, pour la même durée, a aussi été renouvelé.
Ce nouveau désaccord met en lumière à nouveau les tensions entre le maire et certains membres du conseil municipal.
Les conseillères Garand, St-Onge ainsi que Pierre-Adrien Gauthier-Marcil ont rendu publique, le 17 juillet, une lettre ouverte dans laquelle ils dénoncent un climat de travail qu’ils qualifient de « malsain », marqué, selon eux, par un manque d’écoute, des comportements intimidants et une gouvernance trop centralisée.

