Un dégât d’eau dans une installation du CPE La Mère Schtroumph à Saint-Constant est passé bien près de renvoyer des dizaines d’enfants à la maison pour une période indéterminée. Une peur bleue! Mais l’équipe a refusé de baisser les bras pour le bien des familles.   

«Il n’était pas question que je laisse tomber les familles et me retrouver en bris de services», a expliqué Joanie Fournier, directrice générale du CPE La Mère Schtroumph qui dispose de trois installations, deux à Saint-Constant et une à Candiac.

C’est l’installation sur le boulevard Monchamp à Saint-Constant qui a été le site d’un sinistre le 8 janvier. La quinzaine d’employés y accueillent chaque jour une cinquantaine d’enfants.

C’est lorsqu’une éducatrice a ouvert un robinet que la catastrophe est survenue.

«Il y avait eu un bris de chauffage durant la fin de semaine, a appris Mme Fournier. Les tuyaux ont gelé entre les deux étages. Ils ont été éventrés. Ça grêlait sous le robinet et toutes les ouvertures au plafond coulaient. C’est impressionnant de voir ce que la pression d’eau fait comme dommage.»

Par chance, les enfants étaient absents. Parce qu’à la vue de l’eau, ils auraient été traumatisés, convient la directrice générale.

Les employés ont rapidement épongé les équipements, déplacés des meubles et protégé des jouets. Tellement qu’ils étaient convaincus de pouvoir ouvrir le même jour à midi.

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L’eau s’est mise à couler par toutes les ouvertures du plafond. (Photo Le Reflet : Eric Tremblay)

Désaccord avec le ministère

Rapidement, le ministère de la Famille a été interpellé. La directrice générale envisageait déjà des options que ce soit d’utiliser un local dans une école à proximité ou de diriger les enfants dans ses autres installations.

La réponse obtenue par Mme Fournier l’a stupéfaite.

«Je me suis fait dire de tomber en bris de service durant les travaux, a-t-elle révélé. Je me suis fait dire que ça ne valait pas la peine de relocaliser les enfants en prenant en compte la paperasse à remplir vis-à-vis les bénéfices.»

Elle a usé de créativité. Malgré les découragements obtenus au téléphone, elle a redoublé d’ardeur et obtenu les documents exigés. En 24 h, elle avait le plan d’architecte et le quorum de son conseil d’administration. Le plan : relocaliser les enfants dans les salles de motricité de ses autres installations.

«J’ai dit au ministère, j’ai fait mon miracle, faites-le vôtre, a lancé Mme Fournier. À ce moment, il a été conciliant.»

Le ministère a accepté cette proposition après trois jours de bris de service. Mais uniquement jusqu’au 30 janvier. Si bien que les différents corps de métier s’activent pour réparer l’électricité, le chauffage, la plomberie, le plancher et les murs.

Quarante des 54 enfants ont pu trouver un milieu de garde le 11 janvier. Il était impossible de relocaliser les poupons et certains parents ont trouvé d’autres options devant la situation d’urgence.

«Ça se passe étonnamment bien, convient Mme Fournier. Les équipes ont accueilli ces enfants à bras ouverts. Tout le monde est là pour la Mère Schtroumph. C’est beau, vraiment positif comme expérience.»

Équipe soudée

Le CPE est dirigé par une jeune équipe de direction. Le sinistre a été une occasion de grandir. «Le défi avait une ampleur impressionnante, reconnaît Mme Fournier. Ça nous a permis de faire nos preuves et de souder les équipes. La mobilisation et la solidarité ont été incroyables.»

L’aspect négatif de cette aventure se fera toutefois ressentir sur le budget. La Mère Schtroumph, un organisme sans but lucratif, prévoit déjà un déficit à la fin de l’année, bien qu’on ne soit qu’à la mi-janvier.

Réponse du ministère

Au Reflet, le ministère de la Famille a rappelé les critères à remplir afin d’obtenir l’autorisation de relocalisation, qui sont la superficie d’accueil et la résolution du C.A.
S’ajoutent un avis écrit de l’assureur sur la présence d’enfants sur les lieux auquel s’y retrouvent des recommandations, revoir les mesures d’urgence et réaliser l’ensemble des actions prévues à la résolution de demande de changement d’emplacement temporaire.

«Le Ministère offre un accompagnement au service de garde dans ce type de situation, affirme Pascal Doyon, conseiller aux communications – affaires publiques – au ministère de la Famille. Nous analysons présentement une demande de financement dans le cadre du Programme de financement des infrastructures et autres subventions liées à des projets d’immobilisation.»

La date butoir du 30 janvier pourrait être repoussée, a-t-il ajouté.

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Les réparations sont majeures à l’installation Monchampignon avant de permettre aux enfants de réintégrer les espaces. (Photo Le Reflet : Eric Tremblay)