Valérie Bouchard a toujours rêvé d’avoir une grande famille alors que son conjoint Stéphane Lépine n’était pas certain de vouloir des enfants. Près de 17 ans plus tard, le couple de Saint-Constant témoigne de l’aventure familiale dans laquelle il s’est lancé au début de la vingtaine, lorsqu’il a eu son premier de six enfants.

Dans la résidence de la famille Bouchard-Lépine, cette inscription se trouve à l’entrée de la cuisine: «Que notre maison connaisse la joie, qu’en chaque pièce retentisse le rire et que chaque fenêtre s’ouvre sur de plus grandes possibilités». Ici, malgré les disputes d’enfants et la tranquillité quasi-inexistante, les six frères et sœurs s’entraident et participent au fonctionnement de la maison. Travail, devoir, souper, bain, dodo; la routine ne quitte pas le nid familial.  

«La clé, c’est l’organisation, raconte Mme Bouchard. Si on n’avait pas un minimum d’organisation, ça ne fonctionnerait pas. Moi-même, je ne suis pas nécessairement une personne ordonnée, alors c’est difficile.»

«On demande aux enfants d’aider, ajoute M. Lépine. Le dimanche, tout le monde participe au ménage et a une tâche. Ils ont des fois leur moment grincheux, mais ils sont serviables.»

Face aux modèles que sont leur grands frères pour eux, les plus jeunes apprennent vite.

«Heureusement, ils veulent être autonomes. À 3 ans, ils voulaient s’arranger eux-mêmes. Pas parce que c’est moi qui le demandais, mais parce qu’ils voyaient les autres faire et qu’ils pensaient qu’ils en étaient capables eux aussi», explique la mère.  

«Quand ils nous disent qu’ils aimeraient manger tel repas, on leur dit d’accord, mais faites-le avec nous. Danik cuisine seul son Kraft Dinner, ses sandwichs, ses œufs», poursuit le père.  

Même si la jeune Oksana affirme que des journées sans frère ce serait cool, les enfants ne peuvent concevoir leur quotidien sans fratrie.

«Ce serait tellement bizarre!» mentionne Alex.

«J’aime avoir des frères plus vieux parce qu’ils peuvent nous donner des conseils», ajoute William.

Rester à la maison

Après l’arrivée de son troisième enfant, Mme Bouchard s’est mise à considérer la possibilité de rester à la maison.

«On s’est dit que ce serait moins compliqué. Honnêtement, ça nous coûtait plus cher de gardienne que le salaire que je gagnais», affirme la mère au foyer.

La gestion de la maison représente un travail en soi.

«Je fais du lavage aux deux jours et la vaisselle deux à trois fois par jour. Les enfants ne se rendent pas toujours compte de tout ce que j’accomplis. Si je ne faisais rien, la maison ne serait pas aussi en ordre», rappelle celle qui doit composer aussi avec un trouble d’attention sévère.

La mère restant chez elle le jour, elle échappe à l’éternel dilemme des lunchs, puisque ses enfants viennent dîner à la maison.

Mais entre un repas et deux brassées de lavage, les moments libres pour le couple se font rares, bien qu’ils soient importants pour garder la flamme allumée.

«Aujourd’hui, les plus vieux peuvent garder les enfants pour qu’on puisse faire des sorties de couple. Pendant 15 ans, nous n’avons pas pu sortir juste tous les deux», avoue M. Lépine.

«Si on n’entretient pas le couple, il n’y aura pas de famille!» s’exclame la Constantine. 

La richesse d’une famille

Les parents admettent qu’il est difficile pour eux de satisfaire toutes les envies de leurs enfants. Le transport est déjà une contrainte pour le couple, propriétaire d’une camionnette à sept places, car il doit parfois emprunter la camionnette à huit places des voisins pour transporter toute la famille.

«Des sorties, on en fait pas tant que ça. On ne peut pas faire de folie, mentionne M. Lépine. C’est sûr qu’ils aimeraient avoir des Xbox et des PlayStation.»

«Nous, on a la richesse de la famille. C’est sûr qu’ils ne comprennent pas encore ce que ça veut dire et qu’ils n’aiment pas vraiment cette réponse-là!» rigole Mme Bouchard.

Et comme pour faire mentir sa mère, William rétorque: «Si on était payé en argent avec l’amour qu’on a envers les autres, on serait riches».

La famille Bouchard-Lépine

Emma-Lee, 1 an

Oksana, 7 ans

Danik, 9 ans

William, 12 ans

Alex, 15 ans

Tommy, 17 ans