Le Parti québécois n’a toujours pas fixé la date de son investiture dans la circonscription de La Prairie, qui regroupe Candiac, Delson, La Prairie et Saint-Philippe, mais la course est déjà amorcée. Parmi les aspirants, Edline Siméon-Poulard souhaite convaincre les membres péquistes en misant sur un parcours dans le secteur privé, une implication au sein du parti et une vision axée sur le développement économique du Québec.
Née à Montréal de parents caribéens, la candidate de 35 ans affirme vouloir mettre au service de la politique l’expérience acquise au cours de la dernière décennie dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’aéronautique, les télécommunications, l’intelligence artificielle, les technologies et l’agroalimentaire.
Un engagement au Parti québécois
Edline Siméon-Poulard a adhéré au Parti québécois en 2023, peu après avoir complété un MBA. Elle explique que son intérêt pour la souveraineté s’est développé à la suite d’expériences professionnelles, notamment lors de rencontres avec des représentants du gouvernement fédéral à Ottawa.
«C’est à ce moment-là que j’ai compris une réalité fondamentale : le gouvernement fédéral ne peut jamais mettre le Québec comme seule priorité », soutient-elle lors d’une entrevue pour Le Reflet.
Selon elle, ces échanges lui ont fait prendre conscience des limites du fédéralisme pour défendre les intérêts du Québec. Elle affirme également que la publication du « Budget de l’an 1 » du Parti québécois a contribué à modifier sa perception du projet souverainiste.
«Au départ, je voyais le projet souverainiste comme une idéologie politique. Aujourd’hui, je le vois davantage comme un projet de gouvernance économique », dit-elle.
Depuis son arrivée dans les rangs du parti, elle dit avoir participé à la reconstruction du conseil exécutif local de La Prairie, qui comptait alors très peu de membres. Elle y a ensuite occupé différentes fonctions, notamment celle de secrétaire générale, avant de s’impliquer au sein du comité CIDE (Intégration, diversité et ethnoculturel), dont elle a assuré la présidence.
Elle souligne également avoir contribué à la réalisation de capsules vidéo expliquant le Budget de l’an 1 afin de rejoindre un public plus jeune et avoir participé à plusieurs activités de représentation auprès d’organisations issues de la diversité.
Rejoindre les nouvelles générations
Candidate issue de la diversité, Edline Siméon-Poulard estime que le Parti québécois doit intensifier ses efforts auprès des Québécois issus de l’immigration.
« Le Québec de 2026 n’est plus celui de 1976. Il faut aller créer des liens avec les nouvelles générations », affirme-t-elle.
Elle rappelle que la population québécoise a profondément changé depuis les référendums de 1980 et de 1995 et juge essentiel de créer des liens avec les nouvelles générations, particulièrement dans des secteurs comme la grande région montréalaise.
La candidate considère également que les réseaux sociaux occupent désormais une place incontournable dans les communications politiques. Selon elle, les plateformes numériques permettent notamment de rejoindre les électeurs de 18 à 34 ans, un groupe qu’elle juge stratégique pour le Parti québécois.
Cinq priorités pour La Prairie
Depuis près de deux ans, Edline Siméon-Poulard travaille sur un document de réflexion consacré aux principaux enjeux de la circonscription.
Cinq priorités s’en dégagent : l’accès aux soins de première ligne et aux services destinés aux aînés, la surpopulation scolaire et les infrastructures éducatives, la saturation du réseau d’assainissement des eaux, les problèmes de circulation sur les routes provinciales ainsi que la protection de l’environnement, notamment du Grand Boisé.
Interrogée sur ces dossiers, la candidate précise vouloir d’abord rencontrer les maires des quatre municipalités composant la circonscription avant de détailler ses engagements.
«Mon rôle comme future députée, ce n’est pas seulement de comprendre les quatre réalités, mais d’arrimer mon travail avec la planification stratégique des municipalités», explique-t-elle.
Elle affirme avoir déjà commencé cette tournée afin de mieux comprendre les priorités propres à chacune des municipalités.
Interrogé sur la route 132, elle indique suivre le projet de réaménagement et souhaite également échanger avec les élus municipaux avant de préciser sa position.
«Il faut miser sur les PME»
Au-delà des enjeux locaux, Edline Siméon-Poulard souhaite faire du développement économique un axe central de sa candidature.
Elle estime que les petites et moyennes entreprises, qui constituent la grande majorité du tissu économique québécois, devraient bénéficier d’un soutien accru, en particulier celles œuvrant dans les secteurs du transport et de la logistique, de la fabrication d’équipements électriques et mécaniques, des produits de construction, de la transformation des métaux, des technologies ainsi que de la réduction de la consommation énergétique.
« Quand une circonscription comme La Prairie soumet un projet, elle n’est pas toujours prioritaire face aux grands centres. Je pense qu’on peut faire mieux », ajoute-t-elle.
Edline Siméon-Poulard croisera le fer avec Frédéric Côté afin d’obtenir l’investiture du parti dans La Prairie, en vue des prochaines élections générales, le 5 octobre.
