Une trentaine de manifestants du mouvement Communautaire à boutte se sont rassemblés lundi devant les bureaux de la première ministre et députée de Sanguinet, Christine Fréchette, au 55, rue Saint-Pierre à Saint-Constant, dans le cadre d’un « karaoké des indignés ».

Les manifestants réclament notamment l’ouverture d’une table de négociations afin d’améliorer les conditions de travail dans le milieu communautaire.

« On interpelle la première ministre, on lui demande la mise en place d’une table de négociations pour soutenir adéquatement les organismes communautaires. On veut que l’ensemble des organismes communautaires au Québec obtiennent des augmentations salariales, aient accès à un régime d’assurance collective et un régime de retraite », a déclaré Martin Boire, directeur général de la CDC de l’agglomération de Longueuil.

Le mouvement entend maintenir la pression dans les prochains mois, notamment en prévision de la prochaine campagne électorale.

« Mme Fréchette sera bientôt en campagne électorale, donc on veut lui signifier que tout au long de la campagne électorale, on continuera d’être présents et de se faire entendre », a ajouté M. Boire.

Selon lui, les actions pourraient continuer après les élections si les revendications ne sont pas entendues et un nouveau mouvement de grève pourrait émerger.

La co-porte-parole de Communautaire à boutte et intervenante au Centre des femmes de Longueuil, Sophie Tétrault-Martel, a indiqué que des manifestations sont prévues chaque lundi jusqu’à la fin de la session parlementaire, le 8 juin.

« Après nos deux semaines de grève, on a fait plusieurs demandes au gouvernement. Pour l’instant, Mme Fréchette ne répond pas à nos demandes, on va montrer notre présence devant les bureaux, mais aussi partout au Québec devant les bureaux des députés de la CAQ », a-t-elle expliqué.

Mme Tétrault-Martel souligne également l’épuisement grandissant des travailleurs du milieu communautaire.

« Il y a un épuisement chronique dans le milieu communautaire, donc on demande des mesures urgentes avec les millions qu’elle avait en sa possession », a-t-elle dit.

Une mobilisation festive et engagée

Le choix d’un « karaoké des indignés » visait aussi à donner une couleur festive à la mobilisation. Chaque organisme participant avait choisi une chanson à interpréter. Les manifestants ont notamment repris Bella Ciao, chant de résistance italien, ainsi que En berne des Cowboys Fringants.

L’initiative a attiré l’attention de nombreux automobilistes, dont plusieurs ont klaxonné en signe d’appui en passant devant le rassemblement.

« On veut chanter notre indignation, montrer aussi que les mobilisations, ça se fait aussi dans l’amusement, dans la fête. Des fois, dans notre réalité, c’est difficile, donc on peut le faire dans la bonne humeur », a-t-elle ajouté.

Présente à la manifestation, Marie-Edith Trudel, travailleuse dans le milieu communautaire depuis 42 ans, estime que les organismes ont atteint une limite.

« Le gouvernement a vraiment besoin de nous autres, a vraiment besoin des organismes communautaires, mais là on sent qu’on a atteint un palier d’exploitation des travailleurs communautaires », a-t-elle affirmé.

Elle rappelle également que le secteur est majoritairement composé de femmes.

« C’est un milieu majoritairement féminin, encore un milieu où les femmes sont exploitées », a soutenu Mme Trudel.

Selon elle, la hausse du coût de la vie vient aussi fragiliser davantage les organismes.

« Ça a toujours été ces conditions, mais là on a eu des promesses. Il y a eu des subventions qui se sont étalées sur cinq ans. Au bout de la ligne, on n’a presque plus rien parce que le coût de la vie, l’inflation, fait que ça devient de plus en plus compliqué », a-t-elle conclu.

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