La récente entente avec Québec a donné la marge de manœuvre nécessaire aux médecins de famille du secteur Richelieu-Saint-Laurent, en Montérégie, pour vider entièrement la liste de patients orphelins inscrits au Guichet d’accès première ligne (GAP) sur ce territoire.

Ainsi, ces patients ont été assignés à un Groupe de médecine familiale (GMF) ou à un omnipraticien.

«Le Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) fait un bon travail. Et objectivement, notre région dépasse son objectif au prorata de celui de 500 000 au Québec», se réjouit la présidente de l’Association des médecins de famille Richelieu-St-Laurent (AMORSL), la Dre Caroline Delisle.

Rappelons que Québec a conclu une entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, en décembre, qui se traduit par une modification de la Loi 2. L’entente inclut de nombreuses dispositions pour améliorer l’accès à la première ligne.

«Les médecins de famille veulent faire confiance à l’engagement du gouvernement d’offrir les ressources complémentaires nécessaires à l’acceptation de nouveaux patients. Ils ont donc fait leur part en réaménageant certains aspects de leurs organisations et de leurs horaires pour hausser le nombre de patients qu’ils peuvent accepter», indique la Dre Delisle.

Selon l’Association, plusieurs facteurs expliquent pourquoi cette liste de patients orphelins ait pu se vider si rapidement.

Les omnipraticiens s’appuient sur l’engagement de Québec à fournir des ressources complémentaires telles que pour l’embauche d’infirmières, des professionnels en santé ou l’achat d’équipement fait partie des éléments.

De plus, le passage de 30% à 50% des revenus de clinique en capitation, c’est-à-dire basés sur le nombre de patients inscrits, constitue un important incitatif.

L’Association salue également la stabilité minimale de cinq ans promise aux GMF.

Avec ces engagements, les 835 médecins membres de l’AMORSL ont ainsi espoir de voir la situation s’améliorer.

Léger écart

L’AMORSL ne peut préciser le nombre de patients orphelins qui étaient répertoriés sur son territoire s’étendant de Saint-Rémi à Sorel-Tracy. Ce territoire inclut notamment le RLS Jardins-Roussillon

De son côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Ouest ne confirme pas que les guichets sont entièrement vides.

Selon l’organisation, 46 728 patients étaient en attente d’un médecin de famille en date du 23 mars. Et 42 265 d’entre eux ont une inscription à une clinique ou à un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée.

Au Soleil de Châteauguay, la porte-parole Anick Drouin a expliqué qu’à défaut d’avoir un médecin de famille, plusieurs patients enregistrés à un GAMF sont inscrits dans une clinique médicale. Cette formule «permet aux patients d’avoir un point de service identifié, un accès organisé aux soins et une certaine continuité, même sans médecin attitré pour le moment», a-t-elle mentionné.

Toujours au Soleil, l’Association des médecins omnipraticiens du Sud-Ouest expliquait cet écart entre leurs données et celles du CISSS par le délai de «quelques jours» entre la demande pour la prise en charge de nouveaux patients et leur inscription dans un GMF.

Au CISSS de la Montérégie-Ouest, on évoque aussi un délai normal entre l’engagement d’un médecin à prendre en charge de nouveaux patients et l’enregistrement complet de ces patients dans les systèmes institutionnels. «Les médecins et associations médicales peuvent donc observer, à très court terme, des mouvements qui ne sont pas encore reflétés dans les données consolidées diffusées publiquement. Il ne s’agit pas d’une contradiction, mais bien de différents moments de lecture d’une même réalité en constante évolution», précise Mme Drouin.

Des départs et de nouveaux venus

Si l’AMORSL se désole du départ dans la dernière année d’environ 50 médecins de famille – départs qu’elle inscrit dans les suites du projet de Loi 2 – elle espère pouvoir accueillir environ 75 nouveaux médecins d’ici la fin de 2026.

L’arrivée de ces omnipraticiens bénéficiera tant aux soins offerts dans les hôpitaux, aux soins spécialisés qu’aux consultations en cabinet, estime l’AMORSL.

«Nous sommes très heureux de cette arrivée de renforts pour la région. La dernière année a été extrêmement difficile pour les médecins de famille, relève la Dre Caroline Delisle. Il faut continuer notre travail de réconciliation et de valorisation de la profession pour maintenir les meilleurs effectifs régionaux possible, et ainsi améliorer l’accessibilité aux soins de santé pour les patients de la région.»

(Avec la collaboration de Marie-Josée Bétournay)