L’heure est au bilan dans plusieurs municipalités de la MRC du Roussillon après les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le territoire au cours de la fin de semaine. Les refoulements d’égouts et l’inondation de centaines de résidences ont causé d’importants dommages matériels.

À Sainte-Catherine seulement, environ 150 millimètres de pluie sont tombés samedi, selon les données rapportées par MétéoMédia.  

Parmi les sinistrés figure Isabelle Brunet, une photographe résidant à Sainte-Catherine. Elle habite avec son conjoint et leurs deux fils, âgés de 5 et 14 ans, sur la rue des Tilleuls, où une douzaine de résidences ont été touchées.

Son sous-sol, qui comprend notamment le salon et la chambre de son fils aîné, a été complètement envahi par l’eau.

Au moment où l’eau a commencé à s’infiltrer, Mme Brunet et son conjoint se trouvaient à l’épicerie. C’est leur fils aîné, seul à la maison, qui les a appelés pour les avertir de la situation.

« Ça a monté d’environ 45 centimètres en cinq minutes. On n’a même pas eu le temps de sortir ou de sauver quoi que ce soit. Ça montait de partout », raconte-t-elle au Reflet.

« On n’a même pas eu à pomper. Ça a pris à peu près une heure et demie avant que ça reparte », ajoute-t-elle.

La famille a perdu une grande partie des biens qui se trouvaient au sous-sol.

« Il y avait la chambre de notre fils. Il y avait notre garde-robe familiale remplie jusqu’au plafond. Beaucoup de manteaux d’hiver, beaucoup d’électronique et des collections de jeux vidéo vintage », confie-t-elle.

Un scénario inattendu

Malgré les fortes pluies annoncées, rien ne laissait présager un tel scénario pour la famille.

« On suivait la météo et les réseaux sociaux. Je regardais la pluie tomber et je me disais même que j’allais peut-être vider un peu la piscine parce qu’elle allait déborder. Mais jamais je n’aurais pensé que l’eau allait monter comme ça. »

Selon Isabelle Brunet, la résidence familiale n’avait jamais connu d’inondation auparavant.

« La famille de mon mari possède cette maison depuis 40 ans. Ce n’est jamais arrivé.»

Depuis l’événement, la famille vit entièrement au rez-de-chaussée.

« Ça va être comme ça jusqu’à la reconstruction, ce qui risque d’être quand même assez long », dit-elle.

Des dommages qui dépassent la couverture d’assurances

Les premières évaluations laissent entrevoir des coûts importants.

« L’expert nous a déjà dit que ça allait dépasser la couverture de 40 000 $ que nous avions, et on ne parle même pas encore des pertes matérielles. »

Selon les estimations de la famille, les dommages pourraient atteindre entre 70 000 et 75 000 $.

« On a vraiment tout perdu », résume Mme Brunet.

Inondations Sainte-Catherine
(Photo : gracieuseté)

Elle souligne toutefois avoir été rapidement prise en charge par son assureur.

« Environ une heure après l’inondation, j’étais déjà en ligne avec les assurances. Nous avons eu la visite d’un expert dès le lundi matin. »

Elle constate toutefois que plusieurs de ses voisins attendent encore un premier contact de leur compagnie d’assurance.

Des citoyens laissés à eux-mêmes

Mme Brunet estime que les services d’urgence ont été débordés par l’ampleur de la situation.

Lorsque l’eau a commencé à atteindre les prises électriques du sous-sol, la famille a composé le 911.

« La première fois, il n’y a pas eu de réponse parce que les lignes étaient occupées. On nous a rappelés ensuite et transférés aux pompiers, qui nous ont dit qu’ils passeraient, mais ils n’ont jamais pu venir. »

Elle affirme également avoir reçu peu d’information de la municipalité au moment critique.

« Lundi, on a reçu un courriel expliquant quoi faire en cas d’inondation et comment faire une réclamation, mais c’était comme si la Ville avait 24 heures de retard sur les événements. »

Pour aider les citoyens dans les opérations de nettoyage, plusieurs municipalités ont toutefois mis en place des mesures d’urgence, notamment des conteneurs destinés à recevoir les meubles, matériaux et autres biens endommagés.

Une vague de solidarité

Malgré les pertes et les difficultés, Mme Brunet retient aussi l’élan de solidarité observé dans son quartier.

« Ceux qui n’étaient pas inondés sont venus donner un coup de main. On s’entraide beaucoup entre sinistrés. »

Sur les réseaux sociaux, plusieurs citoyens ont offert des meubles, du matériel ou de l’aide aux familles touchées.

« Il y en a même un qui distribuait des bières pendant l’inondation », raconte-t-elle en souriant.

Les changements climatiques pourraient accroître la fréquence et l’intensité de ce type d’événements météorologiques extrêmes au cours des prochaines années.