Près d’un mois après les importantes inondations du 20 juin, les conseils municipaux de Sainte-Catherine et de Saint-Constant en juillet ont été largement dominés par les conséquences de ces événements.

Entre annonces de projets d’infrastructures, révision des plans d’urgence et appels à la patience, les élus ont tenté de rassurer des citoyens toujours éprouvés, qui réclament des réponses rapides et des solutions durables.

Des citoyens impatients face aux délais

En ouverture de la séance du 14 juillet, le maire de Sainte-Catherine, Sylvain Bouchard, a livré une déclaration empreinte d’empathie envers les sinistrés.

« Le 20 juin, j’étais sur le terrain avec vous. J’ai vu les sous-sols inondés, j’ai vu des familles épuisées, des voisins qui s’entraidaient », a-t-il déclaré, affirmant comprendre « la colère et la fatigue » des citoyens.

Le maire a rappelé que les précipitations du 20 juin étaient d’une ampleur exceptionnelle.

« Aucun réseau municipal n’est conçu pour absorber un tel volume sans déborder », a-t-il soutenu, ajoutant que les équipes municipales poursuivaient toujours les opérations de nettoyage avec l’appui d’entreprises privées.

La période de questions a toutefois rapidement mis en lumière la frustration des citoyens.

Plusieurs ont dénoncé les difficultés à obtenir de l’aide pendant les inondations. Certains ont raconté n’avoir eu d’autre choix que de composer le 911, sans parvenir rapidement à parler à quelqu’un. Un citoyen a demandé qu’un numéro d’urgence municipal soit prévu lors d’événements majeurs afin de pouvoir joindre directement la Ville. Sylvain Bouchard a indiqué que le plan des mesures d’urgence est actuellement en révision.

Les demandes d’indemnisation ont également suscité de nombreuses interventions. Des citoyens ont réclamé une compensation municipale, même pour les personnes assurées, ainsi que des délais plus clairs quant au traitement des dossiers.

Le maire a expliqué que la Ville analysait toujours la situation.

« On est encore à l’étude de la situation (…) on n’a pas de conclusion ni de réponse à vous donner. C’est en cours d’analyse », a-t-il indiqué.

Selon lui, environ 450 demandes ont été déposées à Sainte-Catherine, un chiffre qui pourrait encore augmenter puisque tous les sinistrés ne se sont pas manifestés.

Une fois cette analyse complétée, la Ville prévoit organiser une journée d’information pour présenter ses conclusions.

Plusieurs interventions ont illustré les conséquences humaines des inondations.

Une citoyenne a raconté devoir emprunter 80 000 $ pour reconstruire son sous-sol et envisager désormais de vendre sa maison. Une autre a dénoncé les problèmes techniques rencontrés lors du dépôt de sa demande d’aide, notamment des difficultés à transmettre les photos exigées.

Un autre résident, dont la maison a été inondée par près de cinq pieds d’eau, a expliqué qu’il ne peut plus utiliser la moitié de son domicile.

« Le lit de ma fille flottait », a-t-il raconté, demandant des interventions rapides dans sa rue, qu’il considère construite dans une cuvette.

Sur le plan technique, le maire a indiqué que la Ville entend accélérer la recherche des branchements inversés, soit les raccordements des eaux pluviales au réseau sanitaire, afin de réduire la pression sur les infrastructures.

Il a également rappelé que les permis nécessaires aux travaux liés aux inondations seront délivrés gratuitement, sans date limite pour le moment.

À Saint-Constant : un chantier annoncé

Une semaine plus tard, lors du conseil municipal du 21 juillet, le maire de Saint-Constant, Jean-Claude Boyer, a présenté un plan beaucoup plus détaillé des interventions que souhaite réaliser la Ville.

Il a rappelé que le plan directeur des infrastructures a été entièrement révisé après les inondations causées par la tempête Debby en 2024, puis de nouveau à la suite des pluies du 20 juin.

La principale annonce concerne la construction de 17 bassins de rétention, dont 15 dans les secteurs des rues en « V » et en « M », particulièrement touchés ces dernières années.

Pour réaliser cette première étape, la Ville prévoit un règlement d’emprunt de 40,5 millions de dollars.

« Les bassins de rétention vont être la première chose », a affirmé Jean-Claude Boyer, expliquant que la reconstruction des rues ne pourra produire tous ses effets sans ces nouvelles infrastructures.

Le maire estime que l’ensemble des bassins pourrait être réalisé pendant environ deux ans, sous réserve des ententes à conclure avec Hydro-Québec, de l’acquisition de terrains et de l’obtention de subventions gouvernementales.

Jean-Claude Boyer a également tenu à réfuter l’idée selon laquelle la densification urbaine expliquerait les inondations.

« Ça n’a rien à voir avec la densification. C’est un coup d’eau qui a surchargé les réseaux. »

Parallèlement aux travaux municipaux, la Ville souhaite lancer une vaste campagne afin de corriger les mauvais branchements résidentiels.

Selon les estimations présentées au conseil, près de 2 500 habitations seraient encore raccordées de façon inadéquate au réseau sanitaire ou au réseau pluvial.

Le maire a expliqué que ces branchements augmentent considérablement les volumes d’eau dirigés vers l’usine d’épuration lors des fortes pluies et aggravent les risques de refoulement dans les résidences.

Pour illustrer son propos, Jean-Claude Boyer a raconté sa propre expérience. Résident du secteur Vanier, il affirme avoir lui-même subi quatre inondations avant d’installer un système de pompes plus performant.

« Le 20 juin, c’est la première fois que je n’ai pas eu d’eau dans mon sous-sol. »

La Ville souhaite également mettre en place des programmes d’aide financière afin d’encourager les propriétaires à installer ou modifier leurs systèmes de pompes et à corriger les branchements non conformes.

Les citoyens réclament des actions rapides

Comme à Sainte-Catherine, la période de questions a été dominée par les témoignages des sinistrés à Saint-Constant. 

Des résidents ont demandé pourquoi certaines pompes temporaires n’avaient pas été installées plus rapidement le 20 juin. D’autres ont dénoncé l’absence d’alertes météorologiques préalables ainsi que les délais prévus avant la réalisation des travaux.

Le maire a reconnu que plusieurs réponses devront être fournies lors de rencontres publiques par secteur, annoncées au cours des prochaines semaines, où les citoyens pourront connaître le calendrier prévu pour leur rue.

Malgré les nombreuses inquiétudes exprimées, les deux municipalités ont répété que les inondations du 20 juin serviront désormais de point de départ à une révision importante de leurs infrastructures et de leurs pratiques en matière de gestion des eaux pluviales.