Les installations bouchervilloises de la Fondation Cultures à partager reçoivent pas moins d’un million de livres par an. Si la grande majorité est recyclée, 200 000 sont redistribués dans diverses organisations du Québec, de même que dans des pays en voie de développement.

Malgré ses 30 ans d’existence, la Fondation demeure peu connue. Depuis leur arrivée à la direction générale, Julie Valois et Martin Goyette souhaitent lui donner davantage de visibilité et la faire grandir.

La Fondation recueille des livres provenant notamment d’opérations d’élagage de bibliothèques municipales, de bibliothèques de centres de services scolaires, d’éditeurs de même que de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Des particuliers remettent aussi leurs bouquins dont ils veulent se départir.

L’équipe de la Fondation peut recevoir ces livraisons à ses installations de 7800 pieds carrés, mais propose aussi d’aller les récupérer chez les donateurs au besoin.

Une fois triés et classés, les livres sont remis à divers demandeurs, tels que des centres de la petite enfance, des résidences pour personnes âgées et des organismes. Un centre de détention a même déjà reçu une livraison.

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Les livres reçues au CPE Les petites souris à Saint-Constant ont fait bien des heureux. (Photo : gracieuseté)

La distribution s’étend à l’étranger. En juillet, 45 000 livres ont été expédiés en République démocratique du Congo, puis 10 000 ont pris le chemin d’Haïti.

«On a toujours des demandes qui arrivent sur notre site Internet. Là, on est en train d’en préparer une pour le Burkina Faso», illustre Mme Valois.

Dans ce dernier cas, la demande provient d’un organisme du Québec qui y expédie aussi d’autres biens, dont des articles de soins et des vélos.

Ces demandes à gros volume sont accompagnées d’exigences à respecter : 10 000 livres en sciences naturelles, 5000 livres en philosophie, 3000 livres pour les 0-10 ans, par exemple. D’où la nécessité de faire le tri… et de pouvoir compter sur le dévouement de bénévoles.

Une «famille»

Parmi les quelque 45 bénévoles œuvrent une quinzaine de stagiaires ayant un handicap intellectuel. Leur âge varie de 40 à 60 ans.

«Pour eux, c’est une famille. C’est une façon de s’intégrer, de contribuer à la société. Ils se sentent respectés, valorisés dans leur travail. Pour nous, c’est un plaisir de travailler avec ces gens. C’est impossible de quitter la Fondation sans avoir le sourire à la fin de la journée, parce qu’ils sont gentils!»

Certains fréquentent l’organisme jusqu’à trois fois par semaine.

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Une quinzaine de stagiaires vivant avec un handicap intellectuel évoluent au sein de l’équipe. (Photo : gracieuseté)

Les stagiaires vivant avec une trisomie ou une déficience intellectuelle remplissent diverses tâches. Ils aident les citoyens qui viennent à la Fondation remettre de leurs livres. Aussi, ils retirent la couverture des livres qui ne peuvent être redonnés ou récupérés – odeur de cigarette, humidité… – et en retirent la colle avec un équipement. Le papier des livres inutilisables est vendu à des papetières.

Grands besoins

Il s’agit là de l’une des sources de financement de l’organisme, qui organise aussi des collectes des fonds.

La Fondation tiendra une campagne de financement du 19 octobre au 18 décembre avec un objectif de récolter 30 000$. «Nous avons à faire face à de nombreux défis concernant des équipements dont nous disposons et nos locaux rendus désuets après de nombreuses années», indique Julie Valois.

Le site Web sera aussi prochainement revampé.

Quelques ventes de livres à prix modique aident de plus à subvenir aux besoins.

Culture à partager compte trois installations au Québec, mais celle de Boucherville demeure la plus vaste et dessert une grande partie de la province.

La Fondation Cultures à partager est toujours à la recherche de contributeurs et de bénévoles.