Alain Therrien tentera un retour à l’Assemblée nationale sous la bannière du Parti québécois dans Sanguinet. L’ancien député de la circonscription a confirmé ce jeudi qu’il sollicitera l’investiture péquiste, aux côtés du chef du parti, Paul St-Pierre Plamondon, lors d’un point de presse tenu au Quartier de la Gare, à Saint-Constant.
Économiste de formation, M. Therrien avait représenté Sanguinet de 2012 à 2018, d’abord au sein du gouvernement de Pauline Marois, puis dans l’opposition officielle. En 2019, il a fait le saut en politique fédérale en étant élu député bloquiste de La Prairie, mandat qu’il a renouvelé en 2021, avant d’être défait en 2025 par le libéral Jacques Ramsay. Son retour en politique provinciale marque ainsi une nouvelle étape dans son parcours politique.
« Sanguinet, c’est chez moi. J’ai une relation particulière avec les gens d’ici. Ils m’ont appuyé pendant de nombreuses années et je me suis donné le devoir de leur rendre la pareille», affirme le candidat à l’investiture.
« Pas le choix le plus facile »
Paul St-Pierre Plamondon a qualifié de « courageux » le choix d’Alain Therrien de quitter la politique fédérale pour revenir au provincial. M. Therrien a indiqué au Reflet que sa décision s’était prise il y a environ quelques semaines, après avoir été approché par le chef péquiste.
PSPP a ajouté que « plusieurs options s’étaient présentées devant lui », soutenant que le candidat « n’a pas choisi l’option la plus facile, mais l’option gagnante ».
Interrogé sur les différences entre les enjeux fédéraux et provinciaux, Alain Therrien estime que les députés de Québec sont davantage connectés au quotidien des citoyens.
«Un député à l’Assemblée nationale est beaucoup plus près du quotidien des individus. On parle de santé, d’éducation, d’aide sociale. Dès qu’on parle d’école ou d’aide au revenu, ça touche directement les députés provinciaux. »
Il ajoute : « À Ottawa, on parle davantage d’immigration ou d’assurance-emploi. On est un peu plus loin du citoyen comme tel. »
L’éducation comme priorité
Dans son allocution, Paul St-Pierre Plamondon a souligné l’implication d’Alain Therrien dans plusieurs dossiers régionaux, notamment en éducation, rappelant son rôle dans l’arrivée d’un campus de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) à Saint-Constant.
Questionné par Le Reflet sur l’importance de l’éducation, Alain Therrien a affirmé qu’il s’agit toujours d’une priorité.
« C’est toujours une priorité. Consacrer du temps à construire notre avenir, c’est la priorité absolue. C’est comme ça qu’on va faire en sorte que l’avenir de la nation québécoise puisse se consolider et offrir aux prochaines générations la qualité de vie que moi, j’ai connue. », affirme celui qui était également enseignant au Cégep André-Laurendeau.
Un regard sévère sur les années CAQ
La circonscription de Sanguinet est représentée par la CAQ depuis huit ans, d’abord par Danielle McCann, puis par Christine Fréchette depuis 2022.
Invité par Le Reflet à dresser un bilan du passage caquiste dans la circonscription, Alain Therrien n’a pas mâché ses mots.
« Il n’y a rien. » s’est-il contenté de dire.
Il a critiqué sévèrement le travail de l’actuelle députée et Première Ministre.
« Mme McCann a quand même fait avancer quelques dossiers. Mais Mme Fréchette, c’est une absence totale. Moi, j’étais député à Ottawa en même temps qu’elle était ici, et je le constatais. »
Malgré les récents sondages favorables au PQ, Alain Therrien affirme ne rien tenir pour acquis.
« On ne sait jamais ce qui peut arriver. Six mois en politique, c’est une éternité. Alors, on va travailler fort. »
Il prévoit lancer officiellement sa campagne terrain au début du mois de juin.
« Je vais faire du porte-à-porte, rencontrer les citoyens, aller dans les événements. Il n’est pas question qu’on ait un relâchement quelconque. »
L’indépendance du Québec
Questionné par Le Reflet sur la volonté de Paul St-Pierre Plamondon de tenir un référendum durant un premier mandat péquiste, Alain Therrien a dit adhérer pleinement à cette orientation.
« Je pense qu’il y a urgence, croit-il. J’ai été à Ottawa et je vois les attaques persistantes du gouvernement fédéral dans les compétences du Québec et dans ce qui définit la nation québécoise. »
Selon lui, les politiques fédérales nuisent à « l’émancipation du peuple québécois ».
« On n’a pas besoin d’envoyer la moitié de nos impôts à un gouvernement qui n’est pas à l’écoute de nos revendications, de nos valeurs et de nos besoins. On serait mieux de garder cet argent-là et de le gérer nous-mêmes. »
Le candidat péquiste a également insisté sur l’importance de défendre la langue française.
« Pour Ottawa, la langue en péril au Québec, c’est l’anglais, soutient-il. Ils investissent des dizaines et des centaines de millions de dollars pour soutenir l’anglais au Québec, parce qu’ils considèrent que c’est la langue menacée. »
