Un échantillon d’air analysé par le Groupe de travail Terrapure du Conseil Mohawk de Kahnawake (CMK) laisse entrevoir une concentration de plomb une fois et demie plus élevée que le seuil toléré.

«Les résultats initiaux montrent que lorsque le vent souffle de l’est, de Sainte-Catherine vers la communauté, les concentrations de plomb détectable dépassent le seuil annuel cible établi par le Québec, a informé le CMK par communiqué. Lors d’un événement d’échantillonnage, la lecture moyenne collectée avec le prélèvement d’air dépassait 150 nanogrammes par mètre cube. Le seuil du Québec de 100 nanogrammes par mètre cube représente un niveau moyen d’exposition sur une année complète.»

D’autres échantillons ont été prélevés sur une période de quatre mois et ont démontré des résultats sous le seuil permis.

Or, le Groupe de travail Terrapure du CMK ajoute que différents facteurs peuvent influencer les résultats, notamment la direction du vent. Selon ce groupe, le vent souffle à 80% du temps vers Sainte-Catherine.

Le Bureau de protection de l’environnement de Kahnawake (KEPO) a capté plusieurs autres échantillons au fil des mois. Un laboratoire d’Environnement Canada procède à l’analyse et les résultats qui en seront obtenus fourniront des informations supplémentaires quant au niveau de plomb dans l’air et la durée d’exposition.

Près d’une école

Le KEPO a aussi laissé savoir que les résultats analytiques d’environ 200 échantillons de sol sur le terrain de l’école Kahnawake Survival School avaient montré des niveaux élevés de plomb à la frontière est de la communauté.

«Sur le campus existant, des niveaux dans la plage « AB » ont été trouvés, a affirmé le CMK. Cela signifie que les concentrations de plomb relevées se situent dans une plage adaptée à un usage résidentiel et institutionnel, mais au-dessus des concentrations de fond trouvées dans les sols naturels. Des niveaux détectables de plomb ont été trouvés dans tous les échantillons de sol. Les relevés les plus élevés, proches de la frontière, dépassaient les valeurs seuils industrielles.»

Terrapure respecte les normes selon ses tests

L’entreprise de récupération de batterie, par la voix de son directeur général Denis Beaulieu, a réagi à la divulgation de ces résultats.

«Nous prenons très au sérieux les résultats obtenus ainsi que les préoccupations de la communauté de Kahnawake, a-t-il laissé savoir au Reflet. Nous comprenons que des analyses et des tests supplémentaires sont en cours, et nous croyons qu’il est important de laisser ces travaux se poursuivre afin de déterminer ce que révèlent les données.»

M. Beaulieu a informé que l’usine était dotée de systèmes de contrôle de la qualité de l’air afin de capter et traiter les émissions avant leur rejet dans l’environnement. «Les résultats sont transmis à l’organisme de réglementation provincial, et les analyses des émissions atmosphériques respectent les normes provinciales, a-t-il révélé. Terrapure poursuit ses activités sous la surveillance des autorités réglementaires et dans le respect des normes environnementales applicables.»

Sainte-Catherine en vigie

Sainte-Catherine a accueilli les informations dévoilées par le CMK avec sérieux. Néanmoins, la Ville rappelle que les données ont été produites par la communauté de Kahnawake selon ses propres démarches d’investigation en vertu des principes de souveraineté des données des Premières Nations. «La Ville ne peut commenter des données qui ne lui ont pas été officiellement transmises et dont elle n’a pas validé la méthodologie ni le contexte complet», soulève Sainte-Catherine.

Le groupe interministériel, initié par la Ville, s’est réuni hier [le 16 septembre]. Autour d’une même table se retrouvaient des membres du CMK, de même que des représentants du ministère de l’Environnement et Changement climatique Canada, du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, de la Direction de la santé publique de la Montérégie et de la Ville de Sainte-Catherine. Un protocole de partage des données était à l’ordre du jour.

«La Direction de la santé publique de la Montérégie a reconfirmé qu’aucun élément connu à ce jour ne permet de conclure à la présence d’un risque immédiat pour la santé de la population, que ce soit concernant la qualité de l’air ou de l’eau, a laissé savoir la Ville. Les autorités de santé publique demeurent l’instance compétente pour évaluer le risque sanitaire et formuler des recommandations à cet égard. Toutefois, tous les intervenants s’accordent à reconnaître qu’il manque encore des données environnementales importantes pour disposer d’un portrait complet de la situation. La vigilance demeure de mise.»