Le découragement se lit sur les visages des 16 résidents handicapés qui vivent dans un immeuble adapté à leur condition à Saint-Constant. Ils attendent du gouvernement la venue d’un intervenant afin de les aider dans leur quotidien, assurer un bon voisinage et une qualité de vie.
«Il peut y avoir des petits accrochages entre locataires et on a besoin de quelqu’un pour intervenir. Cette personne peut faire aussi de l’accompagnement quand on veut sortir [emplettes]. Nous avons besoin d’activités pour nous changer les idées», explique Dorris O’Connol, locataire.
Mme O’Connol est également membre du conseil d’administration du Programme d’accès au logement Rive-Sud Ouest (PAL) qui gère les appartements de la rue de l’Olivier où vivent ces résidents.
Même s’ils peuvent bénéficier du transport adapté, certains locataires s’y refusent faute d’argent ou en raison des horaires restreints.
«Ils [les responsables du transporteur] nous déposent au centre commercial et nous reprennent à la fin de la journée. Ils pensent qu’on s’amuse. On ne veut pas rester longtemps au centre commercial. On est en mode de survie, de combat», lance Suzanne Beaulac, autre locataire.
Quant au transport offert par des bénévoles, il est difficile d’y recourir en raison de leur disponibilité, soutiennent les résidents.
La présence d’un intervenant à raison d’une quinzaine d’heures par semaine et dont le budget annuel serait de 25 000$ pourrait faire toute la différence, selon eux. Parmi ces résidents âgés entre 30 et 74 ans, plusieurs doivent composer avec des malformations physiques (spina-bifida), la fibromyalgie, des fibroses pulmonaires et autres problèmes de santé.
Pour le directeur de la Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie (FROHME), Martin Bécotte la situation est scandaleuse.
«Le conseil d’administration du PAL fait plus que gérer un immeuble. Il gère un milieu de vie collectif. Et ça prend quelqu’un pour soutenir cette vie communautaire», mentionne M. Bécotte.
Entre le 1er avril 2015 et le 31 mars 2016, les locataires du PAL ont bénéficié d’une travailleuse de milieu et de neuf jours d’accompagnement d’une intervenante. Toutefois, les services dispensés en termes d’heures étaient nettement insuffisants.
«Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSSMO) de la Montérégie Ouest indique que 247 heures ont été données durant cette période. C’est inexact. La travailleuse de milieu était en congé de maladie depuis octobre 2015 et son poste a été aboli à son retour à l’hiver 2016. Selon les locataires, cette personne était présente un maximum de deux heures chaque fois. Le rapport révèle 34 présences à Saint-Constant», dénonce M. Bécotte.
Il ajoute qu’il a été scandalisé d’apprendre que les locataires de PAL devaient payer pour participer aux activés proposées par l’intervenante.
M. Bécotte craint que la demande des locataires ne se réalise jamais. D’autant plus que le CISSSMO a décidé d’abolir, pour le 31 mars, son projet d’activités pour les personnes vivant avec une déficience physique.
Trouver une solution
Sans répondre publiquement aux propos du directeur de la FROHME, le CISSSMO dit avoir rencontré M. Bécotte pour trouver des solutions.
«Le CISSS de la Montérégie-Ouest dit reconnaître les besoins de cette clientèle et affirme qu’il veut trouver une solution permanent. Des discussions sont d’ailleurs toujours en cours avec M. Bécotte», a indiqué Jade St-Jean, conseillère-cadre aux communications externes au CISSSMO.
