Un an de travail dans le plus grand secret a mené le chorégraphe de Saint-Constant Alex Francoeur à l’un des plus grands évènements sportifs de la planète. Vendredi, il a dirigé la chorégraphie de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de la FIFA à Toronto devant 45 000 spectateurs et des millions de téléspectateurs à travers le monde. 

Quelques jours après l’événement, l’artiste peine encore à réaliser l’ampleur de ce qu’il vient d’accomplir.

« C’est tout un chemin de descendre de ce nuage-là. C’est un rêve littéralement devenu réalité », confie-t-il.

Malgré le retour à la routine et aux tâches du quotidien, le chorégraphe, qui habite toujours à Saint-Constant, revient de Toronto avec un immense sentiment de fierté. 

« Je n’ai pas encore complètement absorbé ce qu’on a réalisé. Les réseaux sociaux ont explosé. Je reviens très fier et avec le sentiment qu’on a réussi à livrer quelque chose d’encore plus grand et plus beau que ce que j’aurais pu imaginer. »

Un appel inattendu

Le projet remonte à près d’un an. Tout a commencé au lendemain des célébrations de la fête du Canada à Ottawa, dont Alex Francoeur avait assuré la chorégraphie.

Des représentants de la FIFA avaient alors assisté à l’événement et apprécié son travail.

« Le lendemain matin, j’ai reçu un appel. Je ne m’y attendais pas du tout. Je ne savais même pas que c’était une possibilité », raconte-t-il.

La décision a été rapide. Quelques semaines plus tard, le travail de conception était déjà amorcé.

Une année de préparation

Pendant près de 12 mois, le chorégraphe a participé à des rencontres hebdomadaires avec une équipe répartie aux quatre coins du monde.

« On travaillait autant sur les aspects artistiques que sur les accessoires, la scène et la façon dont les danseurs allaient interagir avec chaque élément. Il y avait énormément de détails à considérer. »

Le recrutement des artistes a également représenté une étape importante. Une audition nationale a permis de sélectionner 125 danseurs parmi environ 600 candidats.

« Pour moi, c’était important que les danseurs soient 100 % canadiens afin de célébrer le Canada. »

Parmi eux, une trentaine provenaient du Québec.

Deux chorégraphes québécoises faisaient également partie de son équipe de création.

Trois semaines intensives à Toronto

À l’approche de la cérémonie, le rythme s’est accéléré. Toute l’équipe s’est installée à Toronto pendant trois semaines afin de peaufiner le spectacle.

« On a travaillé 17 jours d’affilée, du matin jusqu’au soir, parfois même la nuit, sans pause. »

alex francoeur chorégraphe fifa 2
(Photo : gracieuseté)

Lorsque le grand moment est finalement arrivé, le travail du chorégraphe consistait surtout à faire confiance à ses artistes.

« J’aime avoir le contrôle pour m’assurer que tout va bien, mais la journée du spectacle, ce n’est plus entre mes mains. C’est entre celles des danseurs et des interprètes. »

Il se souvient avoir ressenti autant de fébrilité que de fierté.

« Jusqu’à la journée même, je ne pouvais pas révéler que j’étais le chorégraphe de la cérémonie. C’était aussi une grosse journée parce que je pouvais enfin partager ce projet sur lequel je travaillais depuis un an. »

« Le petit gars de Saint-Constant »

Même avec cette reconnaissance internationale, Alex Francoeur conserve les deux pieds sur terre. 

« J’habite encore à Saint-Constant et j’ai parfois encore le syndrome du petit gars de la région qui se demande ce qu’il fait là. Mais cette expérience me prouve qu’il n’y a aucune limite. »

Selon lui, son parcours est avant tout le résultat de nombreuses années de travail.

« Je n’ai pas eu de raccourci. J’ai mis les heures, le temps et les efforts. Si moi j’ai pu le faire, d’autres peuvent le faire aussi. »

Déjà tourné vers la suite

Pas question toutefois de ralentir. À peine revenu de Toronto, le chorégraphe était déjà replongé dans plusieurs productions estivales.

Il travaille notamment sur les tournées de MixMania et de Billie du Page, en plus des spectacles De Céline à la Bolduc de Québec Issime et Ladies Night de Juste pour rire.

« Notre mission cet été, c’est de faire danser les gens et d’apporter un peu de bonheur partout au Québec. »

Malgré ses projets internationaux, Alex Francoeur demeure profondément attaché à sa région.

« Je suis très fier de venir d’ici. Il y a énormément de talent dans la région. Il faut continuer d’investir dans la culture et dans la relève parce que les jeunes d’aujourd’hui seront les artistes de demain. »