À La Prairie, une petite boîte en bois installée discrètement près de l’épicerie Marché Ariya passe facilement inaperçue. Pourtant, elle pourrait faire une vraie différence pour plusieurs citoyens. Il s’agit d’une boîte de Croc bouffe, un organisme qui permet de donner et de prendre de la nourriture anonymement.

D’autres boîtes sont installées à Sainte-Catherine et à Châteauguay. Une autre du même type devrait bientôt voir le jour à Delson. 

Les citoyens sont invités à y laisser des aliments non périssables et des produits d’hygiène. L’organisme demande d’éviter l’alcool et préfère se concentrer sur les besoins essentiels. Et n’importe qui peut en prendre. Pas de formulaire. Pas de preuve de revenu. Tout se fait anonymement. 

Derrière Croc bouffe, il y a Maël Lalancette, un travailleur de la construction qui consacre son temps libre à fabriquer et installer ces boîtes un peu partout au Québec. L’idée remonte à la pandémie.

« J’ai vu passer un concept similaire ailleurs. Le monde trouvait ça cool, mais personne ne le faisait. À un moment donné, je me suis tanné d’attendre. J’ai pris mes outils et je les ai faites moi-même », raconte-t-il.

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La boîte Croc bouffe est installée à La Prairie depuis automne dernier. (Photo : Mina Dromard – Le Reflet)

« Les gens peuvent aider directement leur voisin, sans passer par une grosse structure. Et ceux qui en ont besoin n’ont pas à se justifier », explique-t-il.

«On a des organismes sur le territoire qui pallient certains besoins des gens, mais le Croc bouffe en comble d’autres, comme l’aide immédiate et l’anonymat. On ne réalise pas que n’importe qui peut se retrouver dans le besoin du jour au lendemain», témoigne Catherine, une donneuse régulière de La Prairie. 

Beaucoup de débrouillardise

Tout est fait à la main, souvent les fins de semaine. « Je fais ça dans mes congés, avec l’aide de ma femme et de quelques bénévoles », dit-il.

Le budget annuel de l’organisme tourne autour de 3000 $, principalement consacré à la fabrication des boîtes. C’est pour cette même raison qu’il n’y a pas de site web pour l’instant. La visibilité passe surtout par les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, près d’une centaine de boîtes ont été installées à travers la province.

La boîte de La Prairie a été installée avec l’accord du Marché Ariya qui contribue même en y déposant des invendus. Ce type d’appui est crucial pour le projet, qui repose en grande partie sur l’implication du milieu, explique Maël.

Une nouvelle boîte devrait être installée prochainement à Delson, à la suite de demandes citoyennes.

Car selon le fondateur, c’est souvent comme cela que le projet avance : des résidents écrivent, demandent une boîte dans leur secteur, et Croc bouffe essaie de suivre.

Un projet pas toujours bien accueilli

Mais l’initiative ne fait pas l’unanimité partout. Certaines municipalités refusent l’installation des boîtes, invoquant des règlements ou des questions d’apparence.

« On s’est déjà fait demander d’enlever des boîtes après quelques jours », mentionne-t-il.

Malgré son expansion à travers la province, Croc bouffe reste peu connu, notamment dans les secteurs de l’agglomération de Montréal. Et pourtant, les boîtes ne demandent qu’à servir.

« Le monde veut aider. Il faut juste leur donner un moyen simple de le faire », résume le fondateur.

La liste complète des emplacements des boîtes Croc bouffe est disponible sur la page Facebook de l’organisme.

Des boîtes à La Prairie, Sainte-Catherine et Châteauguay, bientôt à Delson

  • La Prairie : 559, chemin de Saint-Jean, J5R 2L2 
  • Sainte-Catherine : 5400, boulevard Saint-Laurent, J5C 0A0
  • Châteauguay : 114, boulevard Saint-Jean Baptiste, J6K 2H8