Les employés cols blancs et cols bleus de la Ville de Candiac se sont prononcés à 96 % en faveur d’un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève, alors que les négociations entourant le renouvellement de leur convention collective demeurent dans l’impasse.

Le vote regroupe les membres des sections locales 2912 (cols blancs) et 1377 (cols bleus) du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représentent environ 130 employés municipaux.

« Notre but, ce n’est pas nécessairement de se rendre à la grève. Notre but, c’est de régler et de pouvoir s’asseoir à la table quand il y a une ouverture », affirme la conseillère syndicale Katherine D’Aoust en entrevue avec Le Reflet.

La Ville de Candiac indique pour sa part prendre acte de cette décision. « Les négociations se poursuivent dans un climat de respect et de bonne foi. Afin de favoriser la poursuite constructive des discussions, la Ville ne commentera pas publiquement les enjeux soulevés par le syndicat. Elle demeure engagée à conclure une entente négociée dans les meilleurs délais », a-t-elle fait savoir.

Le salaire au cœur des négociations

Selon le syndicat, le principal point de friction demeure la question salariale. Les employés estiment avoir subi une perte importante de leur pouvoir d’achat au cours de la dernière convention collective, qui s’est échelonnée sur sept ans.

Les augmentations consenties entre 2019 et 2025 étaient de 1,5 % en 2019, 2,25 % en 2020, 2,3 % en 2021, 2,3 % en 2022, 2,4 % en 2023, puis 2,5 % en 2024 et en 2025.

Selon les analyses du service de recherche du SCFP, ces hausses n’ont pas suivi le rythme de l’inflation. Le syndicat évalue ainsi à 7,33 % la perte de pouvoir d’achat cumulée depuis 2019.

« Les dernières augmentations n’atteignaient pas l’indice des prix à la consommation. On veut au moins aller récupérer le manque à gagner qu’on a perdu», explique Mme D’Aoust.

La représentante syndicale n’a toutefois pas souhaité dévoiler les demandes salariales actuellement sur la table, les négociations étant toujours en cours.

Une convention échue depuis décembre

La convention collective est échue depuis le 31 décembre 2025. Les dispositions de l’entente actuelle continuent toutefois de s’appliquer jusqu’à la signature d’une nouvelle convention.

Le syndicat indique avoir déposé son cahier de demandes en octobre dernier et amorcé les négociations en novembre. Katherine D’Aoust rappelle que la précédente convention de sept ans avait été conclue dans le contexte particulier de la pandémie de COVID-19.

Rémunération des élus

Pour illustrer ses revendications, le syndicat affirme avoir consulté les rapports annuels du maire sur les rapports financiers de la Ville. Selon ses calculs, la rémunération du maire aurait augmenté de 75 % entre 2018 et 2024, tandis que celle des conseillers municipaux aurait progressé de 62 %.

« On est un peu dans l’incompréhension. On veut juste aller rattraper notre manque à gagner », soutient Mme D’Aoust.

La Ville rejette toutefois ce parallèle. Elle rappelle que « la rémunération des élus est établie conformément à la Loi sur le traitement des élus municipaux, selon un processus distinct de celui applicable aux conventions collectives ».

Selon l’administration municipale, la rémunération des élus est déterminée « en fonction des responsabilités liées à la fonction d’élu et de critères qui lui sont propres », de sorte qu’il s’agit de « deux processus indépendants qui ne peuvent être assimilés dans le contexte des négociations en cours ».