La Ville de Candiac lance Eau juste, une initiative destinée à mieux connaître la consommation d’eau potable sur son territoire et à planifier ses infrastructures pour les prochaines décennies. Le projet prévoit notamment l’installation de 380 compteurs d’eau résidentiels et la réalisation d’une étude sur l’avenir de l’usine municipale de filtration.

Au cours des derniers jours, les propriétaires de 380 résidences ont reçu une lettre les informant que leur propriété avait été sélectionnée de façon aléatoire, selon les critères établis par le gouvernement du Québec, pour l’installation d’un compteur d’eau.

La Ville tient à rassurer les propriétaires concernés : l’installation de ces compteurs n’aura aucune incidence sur leur compte de taxes. Les appareils serviront à recueillir des données sur la consommation résidentielle afin d’obtenir un portrait plus précis des habitudes des ménages candiacois.

« Partout au Québec, les municipalités doivent adapter leurs infrastructures afin d’assurer un approvisionnement en eau potable fiable et durable. À Candiac, cette réflexion passe notamment par une meilleure connaissance du réseau et des habitudes de consommation », explique la Ville.

Interrogée par Le Reflet sur une éventuelle généralisation des compteurs d’eau, la municipalité rappelle que l’installation des 380 appareils répond à une exigence de la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable (SQEEP).

« Ce nombre a été déterminé par le gouvernement du Québec afin de constituer un échantillon représentatif de la consommation d’eau sur le territoire. La Ville ne procède donc pas à cette démarche sur une base volontaire ou discrétionnaire, mais pour se conformer aux exigences gouvernementales », précise-t-elle au Reflet.

La Ville ajoute toutefois que le règlement municipal 1546, adopté ce printemps, rend désormais obligatoire l’installation d’un compteur d’eau dans toute nouvelle construction avant son raccordement au réseau municipal d’aqueduc. Le nombre d’appareils supplémentaires dépendra donc du rythme des nouveaux développements immobiliers.

Réduire la consommation

En parallèle, Candiac encourage les citoyens à adopter des comportements favorisant une utilisation responsable de l’eau potable. La municipalité recommande notamment de surveiller les fuites, de réduire le gaspillage et d’utiliser les électroménagers de façon plus responsable.

Le gouvernement du Québec propose également un guide regroupant plusieurs conseils pour économiser l’eau à la maison, que ce soit pour l’arrosage, le nettoyage extérieur, la récupération de l’eau de pluie, l’utilisation de la piscine ou encore l’usage de la douche et des toilettes.

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où le traitement de l’eau représente un coût important. Selon les plus récentes données provinciales, il en coûte en moyenne 744 $ par personne par année pour traiter l’eau potable au Québec, soit une facture totale estimée à près de 6,7 G$.

Une réflexion sur l’usine de filtration

Candiac poursuit également sa réflexion sur l’avenir de son usine de filtration. Le conseil municipal a confié à la firme CIMA+ le mandat de réaliser une étude conceptuelle afin d’évaluer les besoins futurs de cette infrastructure.

Construite en 1957, l’usine alimente aujourd’hui près de 80 000 citoyens de Candiac, Delson, Sainte-Catherine, Saint-Constant, Saint-Philippe et Saint-Mathieu.

La Ville précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle étude distincte de celle annoncée en 2022, mais la continuité. 

« Depuis plusieurs années, la Ville a réalisé plusieurs études techniques visant à documenter l’état de l’usine, sa conformité, sa capacité et les investissements requis. Ces analyses ont confirmé le vieillissement des installations et la nécessité de planifier leur avenir», explique la municipalité.

Ce nouveau mandat vise à comparer différents scénarios, dont l’agrandissement de l’usine actuelle ou la construction d’une nouvelle usine, afin d’orienter la décision du conseil municipal. 

Un enjeu provincial

Malgré l’abondance de ses ressources en eau douce, environ 3 % des réserves renouvelables de la planète, le Québec demeure l’un des plus importants consommateurs d’eau au monde.

Les plus récentes statistiques indiquent qu’un Québécois consomme en moyenne 530 litres d’eau potable par jour, soit 24 % de plus que la moyenne canadienne et 49 % de plus que celle de l’Ontario.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable (SQEEP), qui vise notamment à réduire de 20 % la quantité d’eau distribuée par personne par rapport à 2015, à diminuer les pertes causées par les fuites dans les réseaux municipaux et à accroître les investissements consacrés au maintien des infrastructures d’ici la fin de 2026.

Les autres villes du Roussillon

En juin dernier, la Ville de Delson s’est jointe à une campagne provinciale de sensibilisation à la protection de l’eau potable, lancée par l’Association des communicateurs municipaux du Québec. Elle avait également révisé, en 2023, son règlement sur l’utilisation extérieure de l’eau potable afin de mieux encadrer les usages entre le 1er avril et le 1er octobre.

Par ailleurs, les villes de Candiac, Delson et Sainte-Catherine appuient l’organisme de bassin versant SCABRIC, qui demande la tenue d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) portant sur les enjeux liés aux pénuries d’eau.

À La Prairie, depuis 2018, toutes les nouvelles résidences sont équipées d’un compteur d’eau.

Québec exige que chaque municipalité doive se conformer aux exigences gouvernementales selon son propre échéancier et ses propres mesures.