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Budget 2025-2026 : «pro-entreprises» et «angles morts», dit la Chambre de commerce

le jeudi 27 mars 2025
Modifié à 15 h 57 min le 27 mars 2025
Par Tristan Ouimet, Initiative de journalisme local

touimet@gravitemedia.com

David Bergeron, PDG de la Chambre de commerce et d’industrie du Grand Roussillon. (Photo : CCIGR – Geneviève Gagnon)

La Chambre de commerce et d’industrie du Grand Roussillon (CCIGR) salue le budget provincial 2025-2026 «pro-entreprises» qui comprend des programmes et mesures visant à stimuler l’investissement et la productivité, mais dit que deux «angles morts» peuvent compromettre la réalisation de ces projets.  

Ceux-ci sont les règles désuètes d’octroi de contrats publics, ainsi que les nouvelles restrictions imposées aux travailleurs étrangers temporaires.

«La bonification des mesures fiscales pour les entreprises envoie un signal que le gouvernement veut inciter à investir ici, mais il y a beaucoup de projets qui sont sur la glace, explique David Bergeron, PDG de la CCIGR, en entrevue avec Gravité Média. Donc, pour garder les investissements ici, il faut qu’il y ait des opportunités et travailleurs.»

«Avec les impositions de tarifs qui nous pendent au bout du nez de la part des États-Unis, on a senti de la part des gouvernements une ouverture à plus utiliser les fournisseurs des entreprises locales dans tout ce qui lie les processus d’appels d’offres, mais ça ne se fait pas en claquant des doigts», ajoute-t-il. 

M. Bergeron pense également que comme le budget était «probablement mijoté depuis longtemps», il n’est pas certain «qu’on a réussi à retourner rapidement dans le budget pour prévoir les assouplissements nécessaires pour la législation sur ce point». 

Par rapport aux travailleurs étrangers temporaires, M. Bergeron indique qu’il faut permettre aux entreprises de les garder parce que cela «fait rouler» l’économie.

«Si les assouplissements ne se font pas sentir à ce niveau-là, les resserrements continuent, il va y avoir plusieurs joueurs dans la chaîne d’approvisionnement qui vont se retrouver dans des situations précaires», spécifie-t-il. 

Plan PME

La Chambre de commerce et d’industrie du Grand Roussillon surveillera le nouveau Plan PME 2025-2028 du gouvernement du Québec, dont les détails seront dévoilés ultérieurement. 

Dans un communiqué de presse, la CCIGR et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) ont indiqué que plusieurs des entreprises les plus vulnérables «face à la crise actuelle sont des PME, notamment dans le secteur manufacturier».

«On pense à n’importe qui qui a des produits qui sont par exemple reliés à l’acier et l’aluminium, qui est touché par les tarifs, autant à l’importation qu’à l’exportation, fait savoir David Bergeron. Je pense à CMP dans le parc industriel de Châteauguay. Les entreprises manufacturières sont touchées de près ou de loin.»

«Si une entreprise en agroalimentaire doit réparer une machine, mais que les pièces nécessaires viennent des États-Unis, celles-ci vont être touchées par les tarifs, le consommateur va être écopé parce que ça va augmenter le prix à la consommation», ajoute-t-il.

Demandes incluses dans le budget

Plusieurs demandes de la FCCQ et de la CCIGR, dont certaines ont été mentionnées dans le passé, à plusieurs reprises, figurent dans le budget et sont «autant de victoires» pour les entreprises du Québec. Les voici.

-    2,4 G$ pour prolonger la mesure sur l’amortissement accélérée qui permet aux entreprises de réduire la facture fiscale de leurs investissements ;
-    1,6 G$ en liquidités disponibles aux entreprises exportatrices et importatrices directement affectées par les tarifs et contre-tarifs ;
-    300 M$ pour bonifier le nouveau crédit d’impôt à la recherche, l’innovation et la commercialisation (CRIC) qui sera plus accessible, en élargissant notamment les dépenses admissibles et un uniformisant le taux ;
-    195 M$ pour favoriser la diversification des marchés d’exportation.

Équilibre budgétaire 

La CCIGR reconnaît qu’il y a une difficulté dans l’exercice de réaliser un plan de retour à l’équilibre budgétaire, dans un contexte comme celui d’aujourd’hui. 

M. Bergeron indique que le budget 2025-2026 est un «bon cadre de référence» pour les prochains budgets à venir.

«Est-ce que tout a été fait pour que ce soit remis à l’équilibre budgétaire, non, spécifie-t-il. Mais c’est un pas dans la bonne direction.»