Salon du livre du Roussillon : des auteurs piratés se prononcent sur l'intelligence artificielle
Les auteurs québécois sont formels et unanimes; le danger de l’intelligence artificielle est de perdre cette part d’imagination qui est essentielle pour créer un livre que le lecteur aimera.
Réunis au Salon du livre de Roussillon cette fin de semaine, des dizaines d’auteurs ont décrié l’utilisation récente de META et de son intelligence artificielle de millions d’ouvrages pour s’entraîner à rédiger. Du piratage dont a été victime l’autrice en littérature jeunesse Priska Poirier. Onze de ses livres ont été utilisés par META pour peaufiner le langage Llama utilisé par son intelligence artificielle.
Elle entend recourir, avec des collègues de la profession, à des avocats afin de connaître ses droits en la matière et faire cesser ce vol intellectuel. Pour elle, il va de soi que si on vole les auteurs, ceux-ci vont perdre leur emploi.
«Nous recevons déjà très peu de dividendes sur nos livres. Si en plus les gens se mettent à lire ce qui est fait par l’IA, nous en vendrons encore moins, donc moins de moyens, un deuxième et un troisième emploi pour vivre, donc moins de temps pour créer», suggère l’autrice de Candiac.
Un outil, mais pas une fin
Alain Leclerc est un auteur qui donne dans l’horreur et qui rédige des nouvelles. L’intelligence artificielle demeure pour lui, un simple outil. «Ça donne des textes sans âme, ça ne crée pas de belles histoires. Tu peux cependant l’utiliser comme outil pour organiser ton histoire, mais l’imagination humaine c’est formidable pour créer», lance l’écrivain de Delson.
Les auteurs vous invitent à passer au Salon pour les rencontrer et jaser de livres, d'histoires et d'imagination humaine. (Photo - Le Reflet - Guillaume Gervais)
Pour ces auteurs, pas question que l’intelligence artificielle ne puisse créer aussi bien qu’un humain.
«C’est impensable que des robots puissent écrire des histoires et que dans quelques années, des salon du livre régionaux comme celui-ci soient vidés de leurs créateurs, de leurs auteurs. C’est essentiel», plaident-ils.
Preuve que la part humaine est primordiale dans une œuvre comme un livre, la centaine de visiteurs qui avaient croisé le guichet d’entrée du Salon du livre de Roussillon depuis jeudi. Des écoliers, des enfants, des retraités, des lecteurs de tous âges, intéressés parce que l’humain a à leur offrir.
Le Salon se tient au 330, Wilfrid Lamarche à Saint-Constant jusqu’à dimanche et offre une foule d'activités.