Dans sa Stratégie d’adaptation du territoire aux changements climatiques, la Ville de La Prairie identifie les zones de son territoire les plus sujettes aux risques liés à la chaleur ainsi qu’aux inondations pluviales.  Ces zones se retrouvent dans sept districts.

Avec cette Stratégie, la Ville de La Prairie veut réduire les îlots de chaleur, améliorer la gestion des eaux pluviales et améliorer la qualité de vie des citoyens, grâce à des solutions durables.

Chaleur

ilot de chaleur urbain amplifie les effets d’une vague de chaleur. La température y grimpe jusqu’à 18 degrés de plus que dans les zones environnantes.

La Stratégie présente notamment une analyse de l’emplacement des îlots de chaleur urbains à travers la ville.

ilots de chaleur
Les ilots de chaleur. On y voit les zones chaudes à très chaudes (Photo: gracieuseté)

En parallèle, elle identifie les populations vulnérables à ces îlots (personnes âgées, jeunes enfants, personnes atteintes de maladie chronique ou troubles cognitifs, personnes en situation de pauvreté, entre autres) et une carte recense les lieux susceptibles de rassembler ces personnes. Il s’agit notamment des écoles, établissements de santé, garderies, résidences pour personnes âgés et habitations à loyer modique.

vulnérabilité à ilot chaleur
Lieux où l’on trouve la population vulnérable. Chaque lieu est enrtouré d’une zone tampon de 300 mètres. (Photo: gracieuseté)

«L’analyse croisée entre la présence d’[ilots de chaleur urbains] et la vulnérabilité de la population locale met en lumière les secteurs où les conditions environnementales et sociales se conjuguent pour accentuer les risques pour la santé publique lors de chaleur extrême», relève le plan.

Ainsi, les portions présentant un risque très élevé à La Prairie sont près de Place La Citière, autour de la résidence La Belle Époque, au sud-ouest de l’école La Magdeleine, et dans la zone commerciale le long du boul. Taschereau entre le boul. Saint-José et la rue Salaberry.

Ces zones se situent dans des secteurs plus densément peuplés.

Risques d’inondation

La Stratégie identifie les zones les plus sensible du territoire en matière d’inondations pluviales à La Prairie. Les secteurs à risque élevé ou très élevé sont ceux ayant déjà subi ou provoqué une inondation, et qui renferment une infrastructure critique.

zone a risque inondations
En mauve, les secteurs jugés susceptibles de subir ou générer des inondations dans le futur. (Photo: gracieuseté)

Ces zones se trouvent dans les districts de la Citière, du Vieux-Fort, de la Clairière, dans un secteur du district Grand-Boisé, au nord de Fort-Neuf et au nord-est de Christ-Roi.

Pour arriver à ce constat, la Stratégie a d’abord ciblé les zones les plus à risque de subir des inondations pluviales, en se référant à des données historiques (comme les refoulements subis entre 2018 et 2024) et topographiques ont été analysées.

Une carte montre (en mauve) les secteurs les plus susceptibles de subir ou générer une inondation pluviale.

Ensuite, il a été nécessaire de lister les infrastructures jugées vulnérables, comme les services essentiels (service incendie, poste électrique, usine de filtration, etc.).

L’année de construction des bâtiments a aussi été prise en compte, avec 2005 comme année charnière. «Les bâtiments construits avant cette date sont considérés comme plus vulnérables aux inondations pluviales, en raison de normes de construction moins strictes et de mesures de protection moins rigoureuses», indique-t-on. Les bâtiments résidentiels sont considérés plus vulnérables que dans les autres zonages.

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Infrastructures vulnérables aux inondations (Photo: gracieuseté)

Risques combinés

En recoupant les données concernant la chaleur et les inondations, la Ville a identifié des «zones à priorité élevée» qui comportent donc des risques à ces deux éléments.

Ces zones se retrouvent dans sept districts : du Vieux-Fort, du Christ-Roi, du nord de Fort-Neuf, de La Clairière, de La Citière, de La Magdeleine et du Grand-Boisé.

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Risques combinés liés à la chaleur et aux inondations pluviales, selon la priorité d’intervention (Photo: gracieuseté)

Une vision

La Ville de La Prairie insiste sur l’importance d’une planification proactive et dit miser sur un verdissement «intelligent et diversifié, capable de réduire les ilots de chaleur, d’améliorer la gestion des eaux pluviales et de renforcer la résilience urbaine».

Ces objectifs font écho aux préoccupations ressorties d’une consultation publique réalisée en amont de l’élaboration de cette stratégie. Tant des citoyens que des organismes, commerces, industries, employés municipaux et élus y ont pris part.

L’urgence d’agir et la nécessité d’une réponse structurée aux aléas climatiques sont sortis comme un consensus.

«Parmi les priorités exprimées, le verdissement ressort nettement», signifie-t-on. Il est souhaité surtout dans les secteurs commerciaux, les quartiers vulnérables, les stationnements et les zones de transports actifs, ainsi que dans les écoles et le parc industriel.

«Les jeunes insistent sur des solutions visibles et accessibles, reflétant un fort stress climatique», relève aussi le plan.

Le financement insuffisant, la lourdeur administrative, la résistance citoyenne font partie des principaux obstacles recensés par les participants.

Les solutions proposées varient : de créer une enveloppe budgétaire dédiée à mutualiser les ressources, en passant par la mise en place de structures pérennes.

Climat plus chaud et pluvieux

De 1961 à 2010, la température moyenne du sud du Québec a grimpé de 1,3 degré. Dans le secteur incluant La Prairie, cette hausse est de 1,5 degré.

Selon les projections climatiques d’Ouranos, la température moyenne annuelle (6,7 degrés, de 1991 à 2020) pourrait augmenter de 2 à 3 degrés d’ici 2050, et de 3 à 5,5 degrés d’ici 2100. Les hausses devraient être plus marquées en été et en hiver.

«Ces changements transforment progressivement le climat local, avec des effets sur la santé, les écosystèmes, les bâtiments et les services municipaux», souligne la Stratégie.

Les projections laissent aussi présager une intensification des vagues de chaleur et plus de journées très chaudes. D’ici 2050, il pourrait y avoir de 8 à 30 jours supplémentaires où le mercure atteint les 30 degrés à La Prairie

Quant aux précipitations, les projections évoquent de plus grandes quantités de pluie, de même que davantage de pluies plus fortes et fréquentes.

La moyenne annuelle de 859 mm pourrait grimper de 72 à 182 mm d’ici 2050. La Prairie connaît en moyenne 12 journées avec plus de 15 mm de pluie en 24h; un nombre qui pourrait augmenter de 1 à 5.

Ces phénomènes à la hausse «accentuera les risques pour la santé publique, les infrastructures et la qualité de vie», mentionne la Stratégie.