Depuis des mois, les locataires du 85, Jogues, un édifice à loyer modique des Habitations Rive Sainte-Catherine, se font répondre que le bâtiment doit être sécurisé avant de pouvoir récupérer leurs biens. Si bien qu’ils ont été stupéfaits lundi matin de voir des déménageurs à l’intérieur sans que le renforcement de la structure ait été réalisé.
«Si c’était si dangereux il y a sept mois, au point de nous évacuer d’urgence, pourquoi permettre à des déménageurs d’entrer ? s’est questionné Yvon Barbeau. Ils vont vider les six appartements du côté où c’est le plus dangereux. Je suis de l’autre côté. Je me demande pour quelles raisons je ne peux récupérer mes objets.»
Depuis octobre, sa conjointe et lui ont dû se trouver un autre logement. Ils ont eu 10 minutes pour prendre différents effets. Ils ne sont jamais retournés à l’intérieur pour récupérer d’autres biens, incluant les meubles.
«On n’a eu aucune communication, rien du tout, a laissé savoir l’homme de 74 ans. Un locataire est allé aux bureaux des Offices d’habitation du Bassin de Chambly et du Roussillon (OHBCR) parce que les déménageurs étaient dans son appartement sans avoir été avisés. Il a reçu le courriel après que les déménageurs aient été là.»
Une dame impliquée dans le dossier et qui a requis l’anonymat a confirmé que l’OHBCR était en train de prévenir les locataires. «Mais le mal est déjà fait», déplore-t-elle.
Pas d’accès
M. Barbeau s’est aussi fait dire qu’il ne pourrait être présent à l’intérieur lorsque les déménageurs empaquetteront ses effets.
«Ils font faire le tri. Mais j’ai des choses précieuses, comme les bijoux de ma femme, des montres ou des passeports, a-t-il noté. Il y a aussi le fait que je déménage dans plus petit; j’aimerais décider ce que j’amène ou que j’envoie en entrepôt. Mais encore une fois, on est dans l’incertitude.»

Depuis octobre, les locataire ont eu accès à leur appartement uniquement que pour une période de 10 minutes. (Photo Le Reflet : Sylvain Daignault)
Travaux à venir
Selon les informations qu’il a reçues, les déménageurs vont sortir le matériel des autres appartements jeudi ou vendredi.
Par la suite, un entrepreneur effectuerait des travaux qui consisteraient à couper le plafond et installer des poutres transversales.
Des travaux qui requièrent que les appartements soient vidés puisqu’ils seront des zones à risque durant le chantier.
Ces informations n’ont toutefois pas pu être confirmées par l’OHBCR pour le moment.
Le Reflet a laissé un appel à l’organisme et n’avait toujours pas obtenu de réponses au moment de publier.
La dame bien au fait de la situation est aussi stupéfaite de constater que les déménageurs puissent avoir accès au bâtiment avant que l’étaiement ait été réalisé. «J’ai su la semaine passée que ça se ferait à l’inverse, a-t-elle annoncé. Je ne comprends pas et je ne suis pas très contente.»
Du vandalisme
Une vidéo qui lui a été envoyée lui a permis d’apprendre que la porte de son logement avait été défoncée.
La dame a confirmé que du vandalisme avait été commis dans le bâtiment. «Le cadenas que la Ville avait installé a été coupé, a-t-elle dit. La police serait allée faire le tour et le contenu de tiroirs ou de sacoches a été vidé. Il y a aussi eu des squatters pour quelques jours. Il y avait des caméras de surveillance, mais le wifi a été coupé.»
Encore là, elle a demandé à l’OHBCR que ses locataires puissent entrer pour une durée de 30 minutes, pour vérifier s’il manquait des objets. Une demande qui a été refusée.
Tribunal administratif du logement
M. Barbeau a confirmé qu’un dossier avait été ouvert au Tribunal administratif du logement (TAL). Plus d’un locataire a fait parvenir des mises en demeure à l’organisme depuis l’évacuation. Une audience est d’ailleurs à l’horaire au mois de septembre.

