Des coyotes sortent de l’ombre

Un texte de Michel Thibault - collaboration David Penven Se tenant habituellement loin des réflecteurs, sauf dans les dessins animés, les coyotes attirent l’attention par les temps qui courent. La Presse a rapporté, le 12 octobre, que six personnes avaient été mordues ou griffées par des coyotes à Montréal cette année. Le phénomène est inhabituel. Les coyotes sont présents dans la région depuis longtemps, confirme Dominic Gendron, coordonnateur à la protection et à l’aménagement du territoire chez Héritage Saint-Bernard à Châteauguay. Selon lui, les rencontres avec cet animal sont rares et il n’y a pas lieu de s’inquiéter. «Très peu d’attaques de coyotes sur l’homme sont connues, fait-il part. Personnellement, je fréquente les milieux naturels de la région depuis 17 ans et je n’ai jamais eu la chance de croiser un coyote. Par contre, j’observe régulièrement des traces [empreintes et matières fécales] de leur présence.» M. Gendron précise que la population de coyotes est contrôlée par des trappeurs qui sont actifs dans la région. Trois signalements depuis 2012 Pour les municipalités desservies par Le Reflet, trois signalements de coyotes ont été reçus au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) depuis 2012. Deux à Saint-Philippe (2013 et 2016) et un à Candiac (2014). La Journal a communiqué avec l’ensemble des Villes pour savoir si de leur côté elles avaient reçu de tels signalements. Celles qui ont répondu ont indiqué que non.
«De façon générale, il ne faut pas craindre les coyotes, ils ont très peur de l’homme et sont très discrets.» - Dominic Gendron, coordonnateur à Héritage Saint-BernardMême constat du côté de la Régie intermunicipale de police Roussillon où la présence de coyotes n’a pas été rapportée au cours des trois dernières années. «La Direction de la protection de la faune de l’Estrie – Montréal-Montérégie reçoit chaque année de nombreux signalements liés à la présence de coyotes en milieu urbanisé, plus particulièrement en 2017. Cependant, les signalements proviennent en majorité de la Ville de Montréal», explique Sylvain Carrier, relationniste de presse au MFFP. Les coyotes sont-ils en plus grand nombre qu’auparavant? Pas particulièrement, selon la direction de la protection de la faune. «Même s’il y avait une augmentation de signalements, cela ne veut pas signifier pour autant qu’il y a plus de coyotes, mais pourrait être attribuable du fait que la population est plus sensibilisée à leur présence», fait remarquer le porte-parole du MFFP. «Le coyote fait partie de l’écosystème de la région, souligne pour sa part Dominic Gendron. Il joue un rôle de prédateur essentiel au contrôle de certaines espèces.» Les deux intervenants rappellent qu’en aucun cas, on ne doit les nourrir. En nombre… 80 : signalements relatifs à des coyotes qui ont été reçus depuis juillet à la Direction de la protection de la faune de l’Estrie – Montréal-Montérégie. 5 500 : coyotes chassés annuellement au Québec. Il n’y a pas d’inventaire faunique effectué pour estimer leur nombre, selon Sylvain Carrier, relationniste de presse au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.
